Ulule – L’Arbre des rêves d’Antoine Reux

Ulule LArbre des rêves

 

Bonjour à tous,

Un article un peu spécial aujourd’hui, mais qui concerne tout de même la littérature ! et une de mes préférées puisqu’il s’agit de littérature jeunesse..

Je n’ai pas l’habitude de promouvoir des projets participatifs, pour la simple et bonne raison que je ne me renseigne pas souvent sur ceux-ci. Manque de temps.. Mais lorsque j’ai vu passer le livre illustré « L’Arbre des rêves », mon cœur s’est vite emballé. Ce projet, c’est celui d’Antoine Reux. L’auteur en parle bien mieux que moi, c’est pourquoi cet article sera en {grosse} partie, une reprise de la page Ulule.

 

Résumé : Le premier livre raconte l’histoire de Zoé. Elle vient de déménager et a perdu tous ses amis. Elle ne se sent pas bien dans sa nouvelle maison. Et depuis quelques jours elle fait des cauchemars. Mais cette nuit Zoé a retrouvé son chat Citrouille dans son rêve. Ensemble ils démarrent un curieux voyage vers un arbre gigantesque où vivent les maîtres des rêves. Pourront-ils l’aider ?

 

L’Arbre des Rêves est une histoire illustrée en 2 tomes de 64 pages. Toutes les pages sont illustrées en couleur au format A4 paysage afin de s’immerger en panoramique dans l’histoire. Ce projet est pour le financement de l’impression du 1er tome qui est prêt à être imprimé. L’écriture du 2d tome est finalisée, les dessins restent à faire. Il sortira au printemps 2021. L’histoire s’adresse aux 7-12 ans… jusqu’à 77 ans si vous avez comme Antoine Reux, une âme d’enfant.

Ce livre a beaucoup plus de pages et de texte par page qu’un album illustré classique. Mais il est composé de nombreux chapitres. Il peut donc être lu par les parents à raison d’un chapitre par soir pour les plus petits, ou par ceux qui commencent à lire, un chapitre après l’autre avec des pauses. Pour les plus grands, chaque tome se lira d’une traite en 45 minutes environ. Une bonne lecture de vacances !

 

Au niveau des inspirations, l’auteur s’est inspiré d’Alice au pays des merveilles et le Magicien d’Oz pour le côté enfant plongé dans un univers fantastique ; Jules Vernes ou Ayao Miyazaki pour le côté aventures et machines ; un peu de Neil Gaiman pour l’étrange et l’humour décalé ; et les contes traditionnels en général et nordiques en particulier.

 

Cliquez ICI pour visionner la superbe bande Annonce !

 

Ce projet de financement participatif a 3 buts principaux :

1- Sans un minimum de copies (500 pour L’Arbre des Rêves), le prix d’impression rendra le livre invendable. Ulule permet à l’auteur de le promouvoir et de valider un certain nombre de commandes avant d’imprimer.

2- L’impression du livre est le plus gros budget. Ce projet doit lui permettre de financer la fabrication du livre. Les exemplaires restant seront pour vendre en salon.

3- Si avec votre aide l’auteur dépasse le premier palier alors, Antoine Reux espère se payer un peu pour les 12 mois de travail à plein temps de ce projet. Cela dans le but de lui permettre de continuer cette activité de création passionnante.

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A ce jour, le projet est financé mais, mais… il reste encore quelques paliers qui permettent chacun, d’obtenir de plus en plus de goodies, tous aussi merveilleux les uns que les autres.. Marques pages, figurines à imprimer, fond d’écran… et le dernier palier  pour espérer  pouvoir sortir le livre en audio..

Alors, tentés ? Je n’ai qu’un mot à vous dire, enfin 3, partagez, faites tourner et supportez ce beau projet !

 

Voici le lien Ulule, n’hésitez pas…(clic)

 

Ulule LArbre des rêves1

 

Ulule LArbre des rêves2

La maladroite {Alexandre Seurat}

La maladroite00

 

Les premier mots : un avis de recherche et le descriptif d’une fillette disparue.

De part sa construction, nous ouvrons là un roman original : parti d’un fait réel, l’auteur donne la parole à tout l’entourage d’une petite Diana, qu’on devine décédée. Les protagonistes vont tour à tour parler avec leur mots et leur personnalité. Ils vont raconter Diana, cette enfant discrète, peu bavarde, au comportement parfois bizarre. Chacun y va de sa vision, de son interprétation et aussi de sa volonté à vouloir comprendre ce qu’elle a. Cette Diana qui n’est pas bien née, ou pas née sous les bonnes étoiles..

Nous allons écouter la grand-mère de Diana, aimante mais sans prise sur sa propre fille. Le dialogue est rompu, comme avec le reste de la famille : la sœur, le gendre, le grand frère de Diana. Parlerons aussi les directrices d’école successives, l’infirmière, les services sociaux, les gendarmes…

Petit à petit, le sujet du roman nous saute aux yeux, la maltraitance d’enfant. C’est le calvaire de Diana qui sera raconté, en filigrane.. car rien n’est dit, rien n’est avoué.. Tout est dissimulé, caché et deviné par l’entourage proche ou moins proche. D’un crescendo qu’on voudrait encore ralentir, la vérité éclatera bien assez tôt, mais trop tard pour la fillette.

On pourrait jeter la pierre aux services sociaux, au premier médecin scolaire.. Mais à qui la faute ? Manque de communication, de moyen, de persévérance, de droits ?? Quand l’un se heurte à l’indifférence d’une hiérarchie, l’autre se mure aux mensonges des parents contenus par leurs airs parfaits. On perçoit tout de même une lenteur dans la prise de conscience et la mise en route administrative. On attend toujours que … que quoi au final ?

« La maladroite » est un roman d’un genre et à l’écriture difficiles à appréhender. La narration style reportage est très spéciale, des mots jetés sur le papier, comme ils viennent, ceux d’une famille apathique et particulière, décousue, où les liens sont rompus. Pas de tournures de phrases, pourquoi mettre en scène, enjoliver l’horreur ?

C’est un court mais intense roman, déroutant. Il donne à réfléchir sur les difficultés à déceler et arrêter la maltraitance, même lorsqu’elle paraît évidente.

Le mot final vient jeter toute l’horreur qu’un être humain peu infliger à sa descendance.. J’ai refermé le livre écœurée, impuissante, et finalement meurtrie, un cœur de maman qui saigne…

 

Editions Rouergue (La Brune)lien ◊ Août 2015 ◊ 128 pages ◊ 13,80€

 

La lettre d’Argentine (Ellen Willer)

La lettre d'Argentine

 

Bonjour les jeunes lecteurs, aujourd’hui c’est Mercredi et on part en Argentine.. ou presque !

Elias, jeune garçon de 14 ans, vit avec ses parents et son grand père dont il est très proche. Il n’a jamais connu sa grand-mère, Bella, celle-ci ayant choisi quitter le grand père – et la mère d’Elias – bien des années auparavant et de partir habiter en Argentine pour un autre homme.

Lorsque le papi décède, c’est le refuge d’Elias qui s’écroule. Secrètement, il garde un lien avec lui par la pensée et le grand père reste présent dans beaucoup de moments et de décisions de la vie du jeune garçon. Jusqu’au jour où une lettre arrive d’Argentine. Bella souhaite connaître son petit fils et l’invite à passer quelques jours dans son pays. C’est un tourbillon dans la vie de cette famille, commencent alors des questions et découvertes sur des secrets apparemment bien gardés.

Elias découvre que sa vérité n’est peut pas la seule et que les adultes ont bien mener leur(s) vie(s) en prenant soin de ne dire que ce qui les arrangeait. Lui qui appris à détester cette grand-mère pour tout le mal qu’elle avait fait ! Les liens familiaux s’étiolent et la confiance explose aussi. Les thèmes du roman font leur apparition : secrets de famille, pardon, acceptation, ouverture d’esprit.. tout ça pour un jeune homme, c’est beaucoup.

A cause de ce mensonge, Elias a grandi avec une vérité dissimulée, celle de son grand-père, de ce qu’il a interprété et ressenti lui au moment de la séparation avec Bella. Nous adulte, à ce moment là, on pense que notre point de vue est le bon, que nos décisions sont les mieux pour protéger nos progénitures… On n’imagine pas le mal invisible que l’on peut faire à un enfant. Cependant les relations ou les disputes d’adultes ne doivent pas interférer dans les relations enfants-adultes. Mais ici personne n’est à blâmer, qu’aurions nous fait à la place du papi ?

Roman d’apprentissage assez rapide à lire, simple mais empreint de messages subtiles sur le pardon, le temps qui passe ou le temps perdu, le mal des secrets de familles. On survole tout de même assez les sujets , finalement bien ou pas ?

Idem, le voyage en Argentine passe très vite et pas ou peu de moments entre Elias et sa grand-mère. Peu d’émotions et de discussions, c’est dommage. Ce qui laisse une fin ouverte sur les relations futures qu’on imaginera forcément belles et remplies de voyages Argentins. Impossible de rattraper ce temps perdu, reste maintenant à construire un futur bienveillant, comblé de nouveaux bons souvenirs.. sur fond de vérité, enfin.

Ce petit roman reste accessible aux jeunes lecteurs à partir de 12 ans.

 

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Editions de La Grande Ourse – Collection Stardust ∴ Octobre 2012 ∴ 136 pages ∴ 12€

La Lettre d'Argentine

Le corps d’après {Virginie Noar}

Le corps d'après01

 

Une magnifique couverture qui laisse votre imagination ouvrir les portes de ce roman sans filtres, pour public averti.

J’ai lu ce « récit » il y a de longs mois. Je l’ai fini essoufflée et l’esprit chancelant. Les mots jaillissaient sans ordre, définissant à peine toutes les émotions que j’ai ressenti tout au long de ma lecture et en refermant ce livre. Retour peu évident à faire, il sera à l’image du récit. Brut.

« Le corps d’après » ce sont les mots d’une femme qui n’est pas prête à être mère. Enfin si, biologiquement. Mais qui veut l’être à sa façon, libre de ressentir son être-profond, et tous ces doutes et contradictions humaines. Et féminines. Envoyer un pied de nez à toutes ces formes de bienséances et ces principes de vie qu’on s’impose.

La narratrice parle d’elle et débute le roman par l’annonce de sa grossesse.. cette effervescence autour de sa personne : la joie, la surprise, le bonheur, les félicitations. Tout ce qu’elle est censée ressentir dans ce moment là, les clichés que l’on attend d’une femme heureuse, enceinte. Mais elle, elle est partagée entre ce qu’on attend d’elle et ses sentiments, ceux aux portes de son corps, qui la foudroient et la bousculent par ce qu’ils sont bien réels eux. Elle a l’air même de regretter être enceinte, de ne pas y prendre plaisir. Arrivent le questionnement du pourquoi être mère ? Poursuivre un héritage ? Réparer les erreurs de nos parents ? Ou vouloir enfanter par habitude ?

Puis le changement radical pour revenir dans les souvenirs du début de sa carrière : la pornographie. La rencontre avec son producteur et la brutalité de leurs échanges. Quelle idée de passer de l’accouchement à un entretien d’embauche chez le pornographe… pas de vulgarité, juste la réalité du métier.

Ensuite elle revient dans le présent et sur la violence de la libération, l’accouchement et ce nouveau sentiment de ne rien contrôler, qu’en plus elle en souffre. Puis de nouvelles émotions contradictoires, pourquoi se sent elle vidée maintenant ? Pourquoi ces contractions violentes et viscérales de mère, d’avoir peur que son enfant meurt ?

Les étapes de la vie de femme sont décrites ici sans pudeur et les mots sont tous choisis.. ils viennent des entrailles parfois. La narratrice est tantôt libérée, libertine, épanouie, puissante, vulnérable.. Elle ose dévoiler et assumer un érotisme débridé, caché au fond de chacune de nous. Parfois accompagné d’une violente douceur.

La plume de Virginie Noar est superbe, acerbe et incisive, poétique et intime explorant toute sa sexualité. Elle est aussi brute, belle et puissante, perverse et maternelle.

Mais est-ce peut être là l’éternel quotidien des femmes, leurs doutes et leurs questionnements, leur craintes, leurs entraves et dénis mais aussi leurs intimes besoins. Quand le corps réclame..

Ce récit, auto biographique ou pas, nous intime de nous affirmer, d’envoyer valser le conformisme et d’Osez être Femme avant d’être mère.

 

Merci à Nadia et aux Editions François Bourin pour cette magnifique lecture que je vous conseille vraiment.



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Editions François Bourin (lien) ∴ Août 2019 ∴ 256 pages ∴ 19€

Le corps d'apres