Soudain, seuls {Isabelle Autissier}

Soudain, seuls

Bonjour à tous,

Un petit loupé le mois dernier avec cet article vide.. et personne ne prévient ? 🙂

Est passé sous mes yeux en ce début d’année, un roman que je souhaitais lire depuis un moment.. L’auteure est une femme que j’admire, forcément !

Deux jeunes trentenaires parisiens amoureux, Louise et Ludovic partent faire un tour de l’Atlantique à la voile. Ils décident de faire une escapade à terre, près de la Patagonie, sur une île protégée et pourtant interdite au public. Un violent orage accompagné d’un fort vent les surprend. C’est au retour de cette ballade qu’ils vont s’apercevoir que leur voilier à disparu de la baie. Abandonnés sur cet îlot de terre au milieu du monde, ils vont devoir réagir.

Après la colère et les discussions opposées qui n’aboutissent à rien, il faut vite s’organiser. C’est grâce à leurs tempéraments respectifs d’alpiniste et de navigateur, qu’ils font le nécessaire pour trouver un abri, de quoi se couvrir, chercher à manger ou faire du feu. Une ancienne usine baleinière en ruine leur sert de refuge, avec par chance, quelques vieux meubles et matériels rouillés pour système D. Finalement, ils « s’adaptent » plutôt rapidement à la situation et peu de choses les rebutent. Aventuriers, on ne laisse pas une situation critique dégénérer plus qu’elle ne l’est : pas le temps de philosopher sur les fleurs qui poussent ou un trou dans la coque : action / réaction.

Pour nous lecteurs, ce n’est pas la même limonade : certaines scènes sont brutes, les parties de chasses au manchots ne laissent pas de place aux états d’âmes, le sang, les rats et la boucherie non plus. La plume est franche et imagée, mais jamais de surenchère. Les faits sont tels qu’ils sont dans la vraie vie quand il est question de survivre, vous êtes prévenus.

Louise et Ludovic, bien qu’amoureux, sont différents : l’un fougueux, l’autre tranquille et réfléchie. C’est dans des situations comme cela que l’être humain doit se révéler intelligent, sinon c’est un couple non plus uni dans la galère mais l’un contre l’autre, qui doit survivre.

Dès les premiers jours sur cette île, ils avaient pourtant des divergences d’opinions bien trempées quand ils s‘agissait de chercher à se secourir : quand l’un préfère attendre les secours – tranquillement, pensant que leur disparition sur les radars inquiétera les autorités, l’une pense qu’il est préférable d’aller explorer l’île pour tenter de rejoindre un éventuel poste de secours. Il y en avait forcément un pour les personnes qui travaillaient ici avant. Après une ou deux expéditions infructueuses, ils décident donc de s’établir dans leur nouveau cocon défraîchi, comme si leur vie était désormais actée comme cela. Cette survie durera environ 7 mois, elle sera malheureusement très survolée dans le roman. Un jour, un bateau de croisière passe au large : une énième dispute concernant une technique de S.o.s efficace à employer et c’est à nouveau le couple qui éclate.

Louise, lasse et prise de l’ultime instinct de survie, décide de parcourir cette terre à la recherche de n’importe quoi pouvant les sauver, contre l’avis de Ludovic. Elle profite d’un moment de faiblesse et d’une nuit de sommeil de son homme pour quitter leur refuge. Louise reviendra le chercher, il comprendra, c’est leur dernière chance…

Un passage est particulièrement violent, non pas dans les actes de barbarie sur les manchots, mais bien sur la psychologie d’un des personnages. Je me suis vue un instant dans un passage de Sukkwan Island, là où les mœurs de l’humain seront jeté en pâture au jugement.

Ce n’est pas toujours le plus gaillard qui s’en sort mais bien celui qui s’adapte le mieux..

Une seconde partie de roman s’ouvre, plus solitaire, plus en introspection, moins Robinson puis qu’il s’agit du retour sur terre. J’ai beaucoup moins aimé. Anticonformiste, la société se jetant avidement sur un fait divers et le malheur des gens me débecte allègrement. Dans ce deuxième chapitre, la psychologie de l’humain est mise à l’épreuve. le retour porte beaucoup sur la remise en question, sur la nécessité de se vendre à la presse, au monde de voyeur. Tourner la page, dire la vérité, cacher pour mieux s’en sortir. Qui sommes nous au fond ? On croit se connaître mais face à des situations inédites, on se découvre et c’est une part de nous qui se révèle. Cette part, c’est celle que nous sommes vraiment. Parfois la meilleure, d’autre pas. Notre « moi » profond agit et nous surprend. L’être humain ne comprend que lorsqu’il est au pied du mur. Et c’est un peu dire dans leur situation.

D’autres personnages feront leur apparition, notamment le journaliste, égal à lui-même. Intrusif, prêt à tout pour avoir l’info le premier. Lui aussi assure sa survie professionnelle.. Les personnages sont vraiment bien représentés, chacun est détestable pour les raisons qui nous seront propres. Notre expérience fera le choix qui nous ressemble. Tourbillons d’émotions aux retrouvailles des familles, là aussi encore, comment se comporter face à cette expérience solitaire traumatisante que personne ne pourra comprendre.

Qu’aurions nous fait à la place de Ludovic et Louise ? C’est la grande question de ce roman.

Isabelle Autissier, grande navigatrice, femme de poigne et d’aventure, de courage et d’abnégation que j’admirais déjà forcément pour avoir été la première femme à réaliser un tour du monde à la voile en solitaire.. Je découvre une auteure qui me plaît et que j’ai hâte de lire une nouvelle fois.

 

Soudain seuls

Pause estivale avant l’heure !

Bonjour à vous,

2 mois sans nouvelles.. vous commencez à avoir l’habitude chez Félicie..

Effectivement, peu de message depuis le 31 mai, et je n’étais même pas partie en vacances ! Merci à ceux qui sont restés ici et aussi ceux m’ont envoyé des petits messages, ça fait tant de bien.. Merci, Merci.

La période de confinement a été complexe, comme pour beaucoup. On ne va pas se mentir, les premiers jours ont été « super cool », ça ressemblait à des vacances forcées.. Se lever à pas d’heure, manger, lire, manger, lire.. se coucher à presque pas d’heure aussi.. J’ai beaucoup beaucoup lu le premier mois..  Ici pas de Tv donc la lecture et les travaux manuels sont de rigueur. Mais aussi pas d’internet (le proprio a oublié de me dire qu’il n’y avait pas de ligne installée) donc ça limite le temps passé à polémiquer sur le virus.. J’ai bien mon forfait téléphonique que je mets en partage mais.. j’habite un petit village qui capte à peine la 3G.. J’ai craqué et pris un abonnement Netfloux pour mon ado mais il a fallu pédaler pour voir un épisode de série correctement 🙂 voilà, voilà.. 

Puis la reprise du boulot dans une petite entreprise artisanale, qui a juste un an d’ancienneté, et comme pour beaucoup, on doit redoubler d’effort pour sortir la tête hors de l’eau et garder son job. Et ce job d’ailleurs, de nouvelles responsabilités, certes très motivantes mais qui m’investissent beaucoup et quand je rentre à la maison.. le second job de maman triple casquette prend le relais et je tombe de fatigue assez tôt.. à 22h, plus personne ne bouge et j’écrase déjà l’oreiller ! 

Rien de grave vous le voyez mais une succession de petits désagréments qui viennent en plus, titiller mon (manque d’) organisation si légendaire ; les livres lus se sont entassés, entassés..

Je ne vais pas vos mentir, j’ai hésité à garder ce petit bout de moi littéraire : bien que je n’ai pas ouvert ce blog pour être célèbre et fabuler devant une horde d’abonnés, j’avais tout de même bien envie d’avoir un lectorat sérieux avec qui partager mes coups de cœur ou coups de plouf… ça arrive. Et franchement quand je vois ma pile de lectures dont je dois vous parler.. je ne peux pas partir comme ça 🙂  Je n’ai pas envie de partir tout court. La lecture est un échappatoire dont j’ai besoin, comme l’écriture, de plus en plus..

Avez vous eu un coup de mou aussi à la reprise ? Avez vous réussi à vous organiser ? Avez vous de nouveaux projets pour cet été ou la rentrée ? je prends tous vos bons conseils de parents solos avisés  ♥ (ou débordés aussi 🙂 )

Je reprends donc mon clavier en programmant quelques articles, j’espère que vous serez au rendez vous. N’hésitez pas à venir papoter « comme avant », j’en serai ravie !

Bises,

Félicie

 

 

Ulule – L’Arbre des rêves d’Antoine Reux

Ulule LArbre des rêves

 

Bonjour à tous,

Un article un peu spécial aujourd’hui, mais qui concerne tout de même la littérature ! et une de mes préférées puisqu’il s’agit de littérature jeunesse..

Je n’ai pas l’habitude de promouvoir des projets participatifs, pour la simple et bonne raison que je ne me renseigne pas souvent sur ceux-ci. Manque de temps.. Mais lorsque j’ai vu passer le livre illustré « L’Arbre des rêves », mon cœur s’est vite emballé. Ce projet, c’est celui d’Antoine Reux. L’auteur en parle bien mieux que moi, c’est pourquoi cet article sera en {grosse} partie, une reprise de la page Ulule.

 

Résumé : Le premier livre raconte l’histoire de Zoé. Elle vient de déménager et a perdu tous ses amis. Elle ne se sent pas bien dans sa nouvelle maison. Et depuis quelques jours elle fait des cauchemars. Mais cette nuit Zoé a retrouvé son chat Citrouille dans son rêve. Ensemble ils démarrent un curieux voyage vers un arbre gigantesque où vivent les maîtres des rêves. Pourront-ils l’aider ?

 

L’Arbre des Rêves est une histoire illustrée en 2 tomes de 64 pages. Toutes les pages sont illustrées en couleur au format A4 paysage afin de s’immerger en panoramique dans l’histoire. Ce projet est pour le financement de l’impression du 1er tome qui est prêt à être imprimé. L’écriture du 2d tome est finalisée, les dessins restent à faire. Il sortira au printemps 2021. L’histoire s’adresse aux 7-12 ans… jusqu’à 77 ans si vous avez comme Antoine Reux, une âme d’enfant.

Ce livre a beaucoup plus de pages et de texte par page qu’un album illustré classique. Mais il est composé de nombreux chapitres. Il peut donc être lu par les parents à raison d’un chapitre par soir pour les plus petits, ou par ceux qui commencent à lire, un chapitre après l’autre avec des pauses. Pour les plus grands, chaque tome se lira d’une traite en 45 minutes environ. Une bonne lecture de vacances !

 

Au niveau des inspirations, l’auteur s’est inspiré d’Alice au pays des merveilles et le Magicien d’Oz pour le côté enfant plongé dans un univers fantastique ; Jules Vernes ou Ayao Miyazaki pour le côté aventures et machines ; un peu de Neil Gaiman pour l’étrange et l’humour décalé ; et les contes traditionnels en général et nordiques en particulier.

 

Cliquez ICI pour visionner la superbe bande Annonce !

 

Ce projet de financement participatif a 3 buts principaux :

1- Sans un minimum de copies (500 pour L’Arbre des Rêves), le prix d’impression rendra le livre invendable. Ulule permet à l’auteur de le promouvoir et de valider un certain nombre de commandes avant d’imprimer.

2- L’impression du livre est le plus gros budget. Ce projet doit lui permettre de financer la fabrication du livre. Les exemplaires restant seront pour vendre en salon.

3- Si avec votre aide l’auteur dépasse le premier palier alors, Antoine Reux espère se payer un peu pour les 12 mois de travail à plein temps de ce projet. Cela dans le but de lui permettre de continuer cette activité de création passionnante.

⇓  ⇓  ⇓  ⇓

A ce jour, le projet est financé mais, mais… il reste encore quelques paliers qui permettent chacun, d’obtenir de plus en plus de goodies, tous aussi merveilleux les uns que les autres.. Marques pages, figurines à imprimer, fond d’écran… et le dernier palier  pour espérer  pouvoir sortir le livre en audio..

Alors, tentés ? Je n’ai qu’un mot à vous dire, enfin 3, partagez, faites tourner et supportez ce beau projet !

 

Voici le lien Ulule, n’hésitez pas…(clic)

 

Ulule LArbre des rêves1

 

Ulule LArbre des rêves2

La maladroite {Alexandre Seurat}

La maladroite00

 

Les premier mots : un avis de recherche et le descriptif d’une fillette disparue.

De part sa construction, nous ouvrons là un roman original : parti d’un fait réel, l’auteur donne la parole à tout l’entourage d’une petite Diana, qu’on devine décédée. Les protagonistes vont tour à tour parler avec leur mots et leur personnalité. Ils vont raconter Diana, cette enfant discrète, peu bavarde, au comportement parfois bizarre. Chacun y va de sa vision, de son interprétation et aussi de sa volonté à vouloir comprendre ce qu’elle a. Cette Diana qui n’est pas bien née, ou pas née sous les bonnes étoiles..

Nous allons écouter la grand-mère de Diana, aimante mais sans prise sur sa propre fille. Le dialogue est rompu, comme avec le reste de la famille : la sœur, le gendre, le grand frère de Diana. Parlerons aussi les directrices d’école successives, l’infirmière, les services sociaux, les gendarmes…

Petit à petit, le sujet du roman nous saute aux yeux, la maltraitance d’enfant. C’est le calvaire de Diana qui sera raconté, en filigrane.. car rien n’est dit, rien n’est avoué.. Tout est dissimulé, caché et deviné par l’entourage proche ou moins proche. D’un crescendo qu’on voudrait encore ralentir, la vérité éclatera bien assez tôt, mais trop tard pour la fillette.

On pourrait jeter la pierre aux services sociaux, au premier médecin scolaire.. Mais à qui la faute ? Manque de communication, de moyen, de persévérance, de droits ?? Quand l’un se heurte à l’indifférence d’une hiérarchie, l’autre se mure aux mensonges des parents contenus par leurs airs parfaits. On perçoit tout de même une lenteur dans la prise de conscience et la mise en route administrative. On attend toujours que … que quoi au final ?

« La maladroite » est un roman d’un genre et à l’écriture difficiles à appréhender. La narration style reportage est très spéciale, des mots jetés sur le papier, comme ils viennent, ceux d’une famille apathique et particulière, décousue, où les liens sont rompus. Pas de tournures de phrases, pourquoi mettre en scène, enjoliver l’horreur ?

C’est un court mais intense roman, déroutant. Il donne à réfléchir sur les difficultés à déceler et arrêter la maltraitance, même lorsqu’elle paraît évidente.

Le mot final vient jeter toute l’horreur qu’un être humain peu infliger à sa descendance.. J’ai refermé le livre écœurée, impuissante, et finalement meurtrie, un cœur de maman qui saigne…

 

Editions Rouergue (La Brune)lien ◊ Août 2015 ◊ 128 pages ◊ 13,80€