Tout le bleu du ciel {Mélissa Da Costa}

Tout le bleu du ciel

Alerte coup de ♥

Coucou les lecteurs !

J’étais dans une période « badbooks ».. où mes lectures étaient bien mais il me manquait ce petit truc pour faire fondre mon petit-coeur-de-beurre. C’est plus qu’un coup de coeur qui m’a frappé avec ce roman, c’est une explosion de sentiments, une avalanche d’émotions où les larmes ne demandaient qu’à valser..

Une auteure m’a dit un jour, un roman c’est une rencontre. Il y a un moment pour le lire. Alors que je peinais avec quelques autres livres, celui-ci m’a appelé. Lorsque je l’ai reçu, j’ai tout poussé, tout stoppé.. plaid, thé et bouquin, le combo parfait pour passer un bon moment ! Encore une fois, la couverture à fait le premier boulot : m’interpeller.. Le van, ce petit camion orange qui me fait rêver parce qu’il invite au voyage et à la liberté. Et puis ce troublant résumé..

Et je ne me suis pas trompée, j’ai plongé dans ce bouquin les chakras bien ouverts.. en pleine conscience comme dirait Joanne.  J’ai parcouru les 650 pages en 2 jours, oscillant entre le fait de tourner et tourner ces feuilles et celui de retarder au possible la fin, pour rester avec eux, encore,  les garder jalousement pour moi..   Ce livre, c’était le moment, les mots que j’attendais, qui me faisaient du bien.. il y a bien longtemps que cela ne m’était pas arrivé. Je n’ai jamais autant « postité » des pages.. Cela fait un bon mois que j’ai fini ce livre et je peine à trouver les mots. Ce roman ne se lit pas, ne s’explique pas, il se vit. Que dire, par où commencer ?

Emile, jeune trentenaire, apprend qu’il est malade, qu’il va mourir et ne veut pas passer ces deux dernières années potentielles, en étant un rat de laboratoire pour faire plaisir à ses proches. Il décide de partir en vadrouille et sans rien dire à personne, passe une annonce pour trouver un compagnon de voyage pour un road trip en van. Rien que l’annonce m’a donné des frissons.. comment peut on être aussi conscient de sa mort imminente et paraitre aussi détaché ?

Une seule personne répond et embarque avec lui : Joanne, jeune femme renfermée au premier abord, discrète et peu bavarde, même un peu étrange. Bien qu’Emile souhaite un voyage tranquille, le road trip promet d’être très silencieux….

« Cette fille est à côté de la plaque, à côté de ses pompes, à côté de sa vie. Elle est perdue. Elle est ailleurs. Elle doit être à peine consciente d’être vivante. »

C’est vrai que cette Joanne est très effacée et triste, comme si elle avait le poids de sa vie sur les épaules. Alors c’est bien en silence et laissant place à l’imprévu, que ces deux écorchés de la vie vont parcourir quelques centaines de kilomètres dans de jolies régions des Pyrénées. Ils feront des étapes où leur bien-être leur fera signe, dont Eus, le village le plus ensoleillé de France (et un des plus beaux aussi !), puis en parcourant la côte pour remonter dans l’arrière pays encore.

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux – Proust.{…} Ce qui veut dire que ce voyage qu’on fait toi et moi, c’est avant tout un voyage intérieur… Une introspection »

L’auteur nous livre leurs secrets passés avec parcimonie, chacun se livre avec pudeur, parfois de la douleur, des regrets et désormais une envie de regarder l’avenir différemment, quoi qu’il se passe.

Ces jeunes vont s’apprivoiser, se livrer, renaitre à deux pour les quelques mois qu’il leur reste « ensemble ». Emile prend soin de Joanne à sa façon, lui permettant de prendre le souffle nécessaire sa guérison. Joanne quant à elle, va l’initier à une forme de pleine conscience, pour qu’il « prenne conscience » de sa vie, qu’il profite vraiment de ses derniers moments, et même lui montrer la meilleure façon manger une part de gâteau pour en savourer toutes les bulles de bonheur. Elle veut qu’Emile vive et respire. Tout est ressenti, réfléchi, posé, dessiné..

« Oui, il se passe tout ça quand on mange. Mais aussi quand on respire, quand on marche, quand on fait l’amour… Il suffit d’y prendre garde »

Les personnages autour d’eux ont tous une place énorme : Myrtille, Pok mon chouchou, Sebastian, Hippolyte, Isadora, Joseph mon préféré ♥ Personnalités très différentes mais ils seront présents pour Emile et Joanne. Eux, sont si humains, attachants, troublants de sincérité, justes dans leurs émotions sans jamais tomber dans le mélodrame. La plume est délicate, tendre, sincère et j’ai ressenti énormément d’amour, l’amour universel, celui que l’on donne sans compter et celui qu’on partage.

Le temps s’est arrêté pendant la lecture de ce roman. Et pourtant, j’ai vécu ce long voyage au même rythme qu’eux. Plusieurs longs mois en compagnie d’Emile et Joanne, à guetter les premières faiblesses d’Emile, ses absences, ses douleurs, ses doutes. Elle, qui renait doucement de ces cendres, corps pourtant si frêle mais capable de déplacer des montagnes pour lui.

« un symbole d’espoir au milieu d’une terre de désolation. »

Il y a énormément de citations ou de passages que j’avais envie de vous partager.. mais ce serait finalement trop vous en dire. Je préfère vous laisser la découverte pour que vous ressentiez vraiment les mots de Joanne et d’Emile.

Ce roman est extrêmement fort de part les messages qu’il véhicule. Un véritable road trip intérieur, une quête en soi, un pur moment de réflexion sur notre vie, nos envies, nos besoins et nos choix pour y accéder. Un roman sur la place que tient notre présence lors de notre passage sur Terre et ce que l’on a envie d’y réaliser. Bien que l’issue de ce roman reste celle qu’on voudrait pourtant éviter, la vie nous réserve bien des surprises.. et surtout elle continue.

En fait, ce livre n’est pas un Coup de Coeur, c’est ma Bible.. Aujourd’hui, je suis un peu jalouse de vous, ce roman m’a marqué et continuera encore longtemps, mais ça y est, je les ai quitté. Je vous laisse faire leur connaissance.. mais attention, vous n’en sortirez pas indemne..

« Il y a un mois qu’Emile apprenait qu’il était condamné, qu’il passerait ses deux dernières années enfermé dans un centre d’essai clinique. Aujourd’hui il mange une délicieuse gelée de lavande face au plus beau village qu’il ait jamais vu. {…} La vie n’en a jamais terminé. Il l’a bien compris. Tant qu’il décidera qu’il n’est pas mort, elle continuera de lui jouer des drôles de tours. Et il n’est pas encore mort. Au contraire. Il ne s’est jamais senti aussi vivant »

Je souhaite un énorme succès à Melissa Da Costa pour ce merveilleux roman. Un grand merci à Carnets Nord pour la confiance accordée.

Tout le bleu du ciel 2

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Résumé : Petite annonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.

Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, avec le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme, qui a pour seul bagage un sac à dos, un grand chapeau noir, et aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naît, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile. Une écriture vive et alerte, des dialogues impeccables, des personnages justes et attachants qui nous emportent jusqu’à un dénouement inattendu, chargé d’émotions.

On ne sort pas intact de ce récit, mené de main de maître par Mélissa Da Costa, une jeune auteure de 28 ans, qui a toujours écrit et publie là son premier roman.

 

Editions Carnets Nord ◊ 15/02/2019 ◊ 654 pages ◊ 21€

Lien vers la fiche produit chez Carnets Nord

Tout le bleu du ciel 3

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Publié dans Service Presse

Rodden Eiland {Bouffanges}

Rodden Eiland - Bouffanges

Résumé : Édouard Hythlodée, vétérinaire spécialiste en chirurgie, internationalement renommé, est néanmoins convaincu d’être l’homme le plus poissard du monde. Embarqué dans un vol Tokyo-Sydney, le destin semble lui donner raison : il se retrouve coincé dans les toilettes, tandis que l’avion traverse d’interminables zones de turbulences. Se heurtant la tête contre la cuvette, il finit par sombrer dans l’inconscience.
Lorsqu’il en émergera, Hythlodée se retrouvera seul, sur une île oubliée du Pacifique. À l’exception d’un fragment de queue, l’avion aura disparu, et avec lui l’intégralité des passagers.

Comment survivre sur une île déserte, quand on est le meilleur chirurgien vétérinaire au monde, qu’on a réussi sa vie, que l’humanité vous envie votre intelligence, mais qu’on a séché les cours de survie en milieu hostile, et qu’on a oublié son manuel des Castors Juniors ?
Mais, plus important encore : quel sens donner à sa vie, quand le monde semble résolu à vous oublier ?

Et vous, survivriez-vous sur Rodden Eiland ?

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Quand j’ai lu le synopsis, j’ai su que ce livre me parlerait : l’océan, une ile déserte, la survie.. (le crash moins.. 🙂 ). La couverture parle d’elle même : deux iles, de l’eau, une terre rouge, du bleu, c’est tout. Oui.

Le roman est découpé en 3 parties qui représenteront plusieurs périodes sur l’ile et de ce fait, 3 états d’âmes et 3 rythmes. L’écriture est simple mais recherchée, gorgée de références scientifiques qui renforcent la personnalité du personnage principal : Edouard.

Après le crash de son vol Melbourne-Tokyo, Édouard se retrouve seul survivant sur son ile. Nous découvrons un personnage antipathique, atypique, un peu barré tout de même. Il a des connaissances scientifiques qui lui permettent d’assurer sa survie, façon Kohlanta deLuxe ! Ses évasions cérébrales scientifiques fusent de toutes part, pour tous les sujets et à toutes les occasions, pour allumer un feu ou chercher à boire 🙂 c’est un homme qui « calcule » :

 » Compter a toujours eu un effet apaisant sur moi, alors je calcule mentalement : à raison d’une dizaine de gouttes par feuille, et sachant qu’on compte en général 15 gouttes pour 1 millilitre, ça nous fait deux tiers de millilitre par feuille. Sachant qu’il me faut, avais-je calculé, deux ou trois litres par jour, il me faudrait donc récolter… trois ou quatre milliers de feuilles par jour.

Putain.  »

Le temps sur son ile, baptisée Rodden Eiland, s’écoule inlassablement, teinté de solitude, de doute, de renoncement parfois… Et de réflexions ! Mais au fil du temps, Edouard  s’est forgé une vraie petite société où il a ses habitudes et son « confort » : il a même été jusqu’à domestiquer les rongeurs de l’ile et appris à chasser l’œuf.

Ce n’est pas sans compter sur l’arrivée d’autres naufragés, quelques années plus tard, qui vont vouloir eux aussi, imposer leur lois et repenser cette petite liberté bien huilée qu’avait Edouard.. Tout seul, ça va, mais dès que l’Être humain se retrouve en société, si minime soit elle, il ne peut s’empêcher de repenser l’organisation de son petit monde.. Au début tout est beau mais très vite la nature humaine se révèle et l’homme veut gouverner, gagner, briller..

L’auteur met le doigt sur un sujet qui me parle beaucoup et je ne peux qu’approuver la vision qui se dégage de cette partie d’histoire.

Au final, c’est un livre que j’ai beaucoup aimé, tant sur la description du personnage principal, sa vie en tant que Robinson moderne, que sur sa vision du monde, isolé de tout mais jamais vraiment seul. Le final est.. sans nom, tellement logique et mieux que celle que l’on croit lire… Quel épilogue ! Finalement, j’ai adoré 🙂

Je remercie énormément Bouffanges pour m’avoir fais confiance et m’avoir permise de lire son livre. C’est un auteur que je souhaite découvrir d’avantage ! Merci

Vous pouvez vous le procurer ici

Service presse envoyé par l’auteur ♥