L’histoire d’Anna Tome 1 La déclaration {Gemma Malley}

Mercredi c’est trop permis !

La declaration L'histoire d'Anna

 Bonjour les jeunes lecteurs !

Nous voilà plongés dans une dystopie au sujet assez glaçant. Dans cette trilogie, il est un monde où la mort n’est plus.. ou presque.

Désormais, la population a la possibilité de connaitre la jeunesse éternelle. En contrepartie, ils renoncent  à avoir des enfants et ce afin d’éviter la surpopulation. Ces personnes signent une Déclaration, ils deviennent des Légaux et  s’affranchissent de la Longévité, une pilule qui éradique les maladies, et les rend donc éternels.

Mais si par inadvertance ou pas, ces personnes décident quand même d’avoir un enfant, de braver l’interdit, le nouveau né sera placé dans une institution et les parents seront tués. Ces enfants, sont excédentaires, en trop sur cette terre et sont élevés à l’institution de Grange Hall pour racheter les péchés de leurs parents. Ces institutions sont de véritables enfers pour les jeunes ; ici, ils seront ‘dressés’ et éduqués pour en faire de parfaits Employables pour les Légaux. Des esclaves-domestiques en somme, corvéables à souhait. Ils apprennent entre autre la couture, la cuisine, le ménage bien sûr. Ces enfants, on les appelle Les Surplus.

Mme Pincent est la directrice de Grange Hall, un personnage abdominale, terrible, stricte, dure.. elle n’hésite pas à abuser de son statut envers les Surplus à coups de brimades excessives, humiliations, privations de nourriture, coups… Mrs Pincent est une Intendante sévère et exigeante. Les Surplus subissent une totale emprise et exécutent tout ce qu’on leur demande, pensant que tout est pour leur bien…

SurplusAnna, l’héroïne et narratrice de ce premier tome, est une jeune fille complètement soumise, craintive et extrêmement naïve. C’est plus que normal avec cette vie en foyer. SurplusAnna hait ses parents pour avoir été égoïstes et avoir quand même souhaité un enfant malgré la Déclaration qu’ils avaient signé. Les années de lobotoïsme à Grange Hall ont bien fait leur travail, SurplusAnna est arrivée très jeune et n’a aucun autre souvenir – seulement ceux qu’on veut bien lui prêter. Un jour, l’arrivée de Peter, un jeune ado un peu rebelle arrêté à l’extérieur,  vient perturber le quotidien de SurplusAnna. Il a des paroles très différentes de celles qu’elle entend d’habitude, à l’air de vouloir se rapprocher d’elle, mais surtout, veut lui faire comprendre que Grange Hall n’est qu’une supercherie et que ses parents sont vivants et l’attendent  « dehors ». Mais qui est-il, d’où vient-il, pourquoi la connait-il et pourquoi ses parents voudraient la revoir ?

Il se heurte bien entendu à la fermeture d’esprit et à la méfiance de SurplusAnna qui ne croit rien de l’extérieur, totalement sous l’emprise des dires de Mrs Pincent. Peter va devoir travailler dur et finement pour faire comprendre à SurplusAnna, qu’ils sont en danger et doivent s’échapper d’ici.

La première partie du roman est essentiellement basée sur la vie des jeunes à Grange Hall, leurs privations et tout le lavage de cerveau qu’ils subissent. SurplusAnna s’épanche sur son journal intime et il est parfois très dur de réaliser ce qu’ils vivent tellement c’est cruel et injuste. La seconde partie, avec l’arrivée de Peter, met un peu plus d’action et nous assistons à une véritable stratégie du jeune homme pour arriver à ses fins.

Pourtant, après avoir fini ma lecture, je suis mitigée. Bien que le sujet soit intéressant, l’ambiance parfois glaçante et que l’idée de départ soit vraiment bien amenée, le style m’a bien trop rebutée. On sent une héroïne très jeune. Beaucoup de répétitions, « Mrs Pincent » revient très très souvent. Beaucoup de mots commencent avec une majuscule. Les expressions – celles qui sont répétées avec insistance aux Surplus, reviennent également très souvent.. Il est clair que c’est en total accord avec la lobotomisation que subissent les surplus, mais à la lecture, c’est pesant.

C’est en lisant le tome 2, où j’y ai trouvé une plume très différente, plus mature, moins répétitive, que j’ai réalisé que oui, c’était bien l’effet voulu et  que le plongeon dans la tête d’Anna et dans sa vie, était réussi. Cette vie est aussi abominable que la plume.

C’est tout de même avec ces points négatifs – qui n’en sont pas vraiment, que je vous conseille de lire ce premier tome, et de plonger dans cette belle trilogie young adult prometteuse. J’ai lu le tome 2 récemment grâce aux Editions Hélium et je reviens vous en parler très vite (ou enfin, tout est relatif.. ! )

 

La declaration

Traduit de l’américain par Nathalie Peronny
Lecture numérique

Sous terre, personne ne vous entend crier {Gilbert Gallerne}

Sous terre personne ne vous entend crier 01

 

Hello la compagnie !

Qu’on se le dise, je ne suis pas adepte des polars. Non pas que je n’aime pas mais je ne suis pas fan d’enquêtes où les gentils policiers vont attraper les grands méchants. C’est le cliché que j’en ai, je sais c’est moche. Et puis quand j’ai vu ce roman (il y a plus d’un an maintenant..), c’est la couverture qui a insisté : des crânes en relief gaufrés sur une couverture noire ;  et ce titre… de quoi me faire frissonner rien que de m’imaginer enterrée encore vivante – et que personne ne m’entende. Je l’ai acheté et posé sur la pile la plus éloignée..

Et puis chéri le lisait la nuit au boulot et d’après lui, ça dépote dès le début. Les tripes saignantes, un monstre des sous terrain qui mange des rats vivants… ça j’aime : alors j’ai honteusement dérobé le roman à monsieur et on peut dire que j’ai été servie.

Effectivement, le ton est donné, glauque, crade, répugnant dès la première page, histoire de nous glisser qu’il y a quelqu’un de bien dérangé la dedans.

Et puis après, on installe le décor : Lionel Jonzac, commissaire proche de la retraite, pensait passer une journée somme toute banale avec l’arrestation d’un vieux Serbe pourchassé depuis des années, l’apothéose d’une fin de carrière réussie.. Ce n’est pas sans compter sur une bavure où l’un de ses proches collègues et ami est touché par sa faute et se retrouve entre la vie et la mort.

A cela s’ajoute le  cadavre retrouvé d’une jeune femme dans les catacombes où une nouvelle enquête va devoir être ouverte. Seulement, la victime n’est autre que sa nièce Claire. C’est une collègue avec laquelle il est un peu en froid qui se voit confier l’affaire afin d’éviter les conflits d’intérêts. Il va devoir agir seul et contre tous.

Comme je disais, je ne suis pas adepte des polars donc je ne donnerai qu’un avis purement subjectif sur les émotions ressenties. Quant à savoir si les codes du genre sont réunis, il faudra aller voir les pros. Pour le coup, niveau émotions, j’ai frissonné comme il faut. L’ambiance est assez claustro.. Un tueur rôde dans les catacombes, il n’est jamais vraiment dévoilé, juste deviné.. histoire de bien tenir le lecteur sur un  fil moite et répugnant. On sait qu’il est là, chez lui, tapi dans l’ombre, prêt à surgir et à dévorer ses victimes. D’ailleurs quelle mâchoire humaine peut laisser des traces aussi déchirées ? Le tueur est il humain ?

C’est dans cette ambiance malsaine que le roman va se dérouler : entre le besoin de Jonzac de trouver l’assassin de sa nièce, le besoin du tueur d’apaiser son passé, d’anciens dossiers ré-ouverts pour les nécessités de l’enquête.. ou personnels. Le tueur joue avec nous, avec Jonzac. Qui est qui, qui tue qui, qui protège qui ?

Chapitres courts et menant un rythme soutenu qui va crescendo pour un final à point. Un vocabulaire sans surdose de boyaux, juste ce qu’il faut pour sentir le fer dans la bouche. J’avoue m’être fait balader bien gentiment avec une dose d’hémoglobine et de folie bestiaire en intraveineuse.

Je suis vraiment ravie de cette lecture et pense me pencher sur d’autres titres de l’auteur, rencontré brièvement au salon Polar’Osny fin novembre. Un autre titre à me conseillez chez Gilbert Gallerne ?

La couleur du lait {Nell Leyshon}

ceci est mon livre et je l’écris de ma propre main. nous sommes en l’an de grâce mille huit cent trente et un, j’ai quinze ans et je suis assise à ma fenêtre. je vois beaucoup de choses. je vois les oiseaux qui piaillent dans le ciel. je vois les arbres je vois les feuilles.

et chaque feuille a ses veines.

chaque tronc a ses fissures.

je suis pas très grande et mes cheveux ont la couleur du lait

je m’appelle mary et j’ai appris à écrire mo nom. m .a.r.y. ce sont les lettres de mon nom.

je vais vous raconter les choses telles qu’elles sont arrivées mais je ne veux pas me précipiter comme les génisses au portail sinon je vais m’empiéger et de toute manière vous préférez surement que je commence par là que les gens commencent en général.

et c’est au commencement.

 

La couleur du lait

 

C’est ainsi que débute ce roman de Nell Leyshon. « La couleur du lait » nous emporte directement dans la campagne anglaise du début du siècle, avec une jeune fille de 15 ans, Mary, qui nous livrera sa vie, au fil des pages de son journal. Le visage un peu rubicond, pas très jolie et une patte folle. C’était la dernière des 4 filles : Béatrice, Hope et Violette.

Elles vivent à la ferme avec les parents et le grand père. Mary est une jeune fille, courageuse, volontaire qui a la vie des filles de son époque : le dur labeur des champs, une vie plus que modeste, l’héritage de la religion et des bonnes manières…  mais surtout peu de reconnaissance en retour.

Le père, acariâtre et peu aimant, l’envoi chez le pasteur du village – contre bonne dote. Elle est inutile aux champs alors autant qu’elle rapporte de l’argent à la famille. Mary ira s’occuper de Madame qui est malade, elle sera sa bonne. Auprès d’elle, elle apprendra la douceur et les règles de bienséance, mais travaillera aussi dur en cuisine et découvrira la lecture grâce au pasteur Graham. Au décès de Madame, Mary apprendra à ses dépends, que la vie peut parfois avoir un amer goût d’humiliations..

Mary est extrêmement touchante, son franc parler de paysanne têtue est sincère : c’est ainsi qu’elle couchera ses mots simples pour nous raconter son histoire.

Les débuts de lecture ne sont pas évident du tout : pas de majuscules, pas de tirets, les mots qui viennent comme une envie de pisser, comme une envolée de moineaux. Ils vont et se posent ici pour raconter la triste vie de Mary. Très rural, sans syntaxe, le langage est pourtant parfait. Je me souviens tant de ma Félicie à moi, Percheronne, qui parlait comme ça.

le père était au cochon, il m’a regardé entrer dans la cour

où c’est qu’elle est ta sœur ?

elle est restée à soigner un mouton

va donc au champ qu’il a dit

Un roman d’apprentissage campagnard, poignant, dur et une fin soudaine en toute en violence, qu’on ne voit presque pas venir. On ne peut que rager contre cette injustice.

Ce roman est une petite merveille.. et cette héroïne une perle de lait. Un coup de coeur ♥

 

 Traduit par Karine Lalechere

 

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Edition 10/18 ◊ 192 pages ◊ 6,60€ broché ◊ Sortie 09/2015

La couleur du lait 2

 

Et parce qu’il n’y a pas que mon avis qui compte, allez faire un tour chez eux..

 

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Les lectures de Lily

Chasing Books

 

Je t’ai rêvé {Francesca Zappia}

Mercredi c’est trop permis !

 

Je tai révé

 

Alex vient de se faire renvoyer de son lycée pour avoir tagué des choses peu sympas sur le sol du gymnase.. Arrivée dans son nouvel établissement,  la première chose à faire sera de passer inaperçue : pas facile quand on est schizophrène et que notre réputation à l’air d’avoir suivie jusqu’ici. Il va falloir la jouer fine.

C’est très rapidement que nous allons nous plonger dans l’univers d’Alex :  un monde de craintes, de folies, de doutes. Elle n’a de cesse de se demander si cela est bien réel, si ceci est inventé ? Nous même sommes incapables de cerner le vrai du faux et on s’imagine aisément la vie qu’elle subi quotidiennement.

Heureusement, elle peut compter sur sa famille et son meilleur ami pour la soutenir tant bien que mal. Au lycée, elle fera la rencontre de Miles, jeune homme particulier lui aussi : que cache son air agressif et hautain ? Pourtant, elle semble déjà le connaitre, des brides de souvenirs refont surface sans arrêts. Un rêve revient sans cesse, une personne aux yeux bleus qui la regarde et une histoire de « homard à sauver » dans l’aquarium d’un magasin lorsqu’elle était jeune.. c’est tout ce qui lui reste en tête. Est-ce son imagination qui lui joue encore des tours ? Miles est il réel ?

De plus, une intrigue au goût de harcèlement scolaire se mettra en place au sein du lycée, un drame s’est passé quelques années auparavant et l’attitude de certaines personnes est plus que suspicieuse.. Miles, Alex et la petite bande vont devoir démêler l’affaire.

Une flopée de sympathiques personnages sont présents autour d’eux, tous avec leurs particularités et leur intérêt – ou pas.

Cependant, j’ai trouvé dommage que la schizophrénie soit mise en second plan à la faveur de cette petite enquête au milieu de tout ce petit monde. C’est vrai que j’aurai peut être aimé que le sujet soir traité un peu plus en profondeur. Il me semble qu’il s’agit là d’un sujet fort et important, qu’Alex le vit mal et ne sait pas à qui en parler – voire même est gênée d’en parler, de ce fait un roman destiné aux ados pourrait peut être permettre de les « aider » dans cette démarche. Ou même, de pouvoir comprendre un peu plus un de nos proches dans ce cas sensible.. Ce n’est qu’à la fin, le twist déroutant qui met en évidence une des facettes de ces hallucinations : des vérités qui sautent à la figure, qui peuvent faire perdre pied.. malgré quelques doutes à la lecture, les révélations m’ont vraiment peiné car on peut complètement comprendre ce que vivent les « schizophrènes ».

A part cette petite exigence capricieuse, j’ai bien aimé ce roman, il se lit bien et reste une chouette fiction jeunesse – à l’Américaine, toute en légèreté.

 

Traduit par Fabienne Vidallet
Lecture numérique

 

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R-Jeunes adultes ∞ Nov 2015 ∞ 450 pages ∞ 18,50€ broché

 

Et parce qu’il n’y a pas que mon avis qui compte, il y en a par ici aussi 🙂

Au jardin suspendu

Léa Touch Book

Lecture jeunesse