Indian Creek {Pete Fromm}

T Pete Fromm Indian Creek

Bonjour à tous,

Période de confinement oblige, un roman où l’auteur s’est lui aussi confiné, pour en ressortir grandit..

Agé d’à peine 20 ans, Pete Fromm s’aventure dans les montagnes rocheuses du Montana en plein hiver, acceptant un poste de garde afin de surveiller les œufs de saumon des rivières. C’est dans cette région froide et hostile, qu’il passera plus de 7 mois, seul avec sa petite chienne Bone. Coupé de tout mais surtout novice, il apprendra la vie au rythme des tempêtes, de la chasse et des quelques courageux ‘visiteurs’ gardes forestiers. A l’aide de ses livres de survie, il apprendra comment apprivoiser cette nature parfois trop rude, les méthodes de conservation de la viande, la cuisine.. Mais la réalité lui sera confirmée avec ces longs mois d’hiver…

C’est dans ce cadre neigeux et froid que se passera le roman : Pete Fromm est seul, il y a peu de dialogues et nous contemplons en même temps les paysages neigeux. Introspection, méditation, réflexion, c’est tout cela les romans de Nature Writing, on écoute le silence, la neige qui tombe et notre lecture suit le même rythme.

Nous assistons à une réelle transformation de l’humain : d’abord inquiet mais curieux de tout et motivé, on remarquera, après l’hiver si rude, sa réticence à laisser venir le printemps avec son lot de visiteurs et de touristes du dimanche. Cette différence de comportement, entre la solitude et le refus de voir ces gens qui ne connaissent rien à la montagne, est si opposée. Il est resté si longtemps dans ces conditions extrêmes que cette nature lui appartient maintenant, il fait corps avec elle et se sent chez lui.

La relation avec sa chienne est très forte, véritable compagnon de vie, il se questionne beaucoup sur le devenir de Bone, une fois la saison passée. Elle qui n’a jamais connu que la nature depuis toute jeune, pourra t’il la garder une fois revenu en ville ? Le moment des adieux arrive pourtant bien vite : adieu à cette liberté, cette nature, cette vie si vraie mais si dure.

Malgré quelques péripéties qui auraient bien pu lui couter la vie, l’auteur s’en sortira toujours avec une nouvelle énergie et pas mal d’humour.

C’est mon premier roman de l’auteur, je n’ai pas de coup de cœur, juste un sentiment de bien être. Je découvre une personne vraie et sincère, riche d’expériences comme je les aime, celles qui rendent les hommes vivants parce qu’ils se confrontent à la nature..

Comme pour David Vann, je poursuivrai la bibliographie avec grand plaisir, le prochain sur la pile est donc « Chinook »

 

Lecture numérique
Traduit par Denis Lagae-Devoldère

 

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Bibliographie

1992 Nouvelle : The Tall Uncut (non traduit)

Mise en page 11993 Roman : Indian Creek

1994 Nouvelle : King of the mountain (non traduit)

1994 Roman : Monkey Tag (non traduit)

1997 Nouvelle : Chinook

1998 Nouvelle : Avant la nuit

1999 Nouvelle : Night swimming (non traduit)

2000 Roman : Comment tout à commencé

2003 Roman : Lucy in the sky

2014 Roman : Mon désir le plus ardent

2017 Roman : Le nom des étoiles

2019 Roman : La vie en chantier

 

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L’histoire d’Anna Tome 1 La déclaration {Gemma Malley}

Mercredi c’est trop permis !

La declaration L'histoire d'Anna

 Bonjour les jeunes lecteurs !

Nous voilà plongés dans une dystopie au sujet assez glaçant. Dans cette trilogie, il est un monde où la mort n’est plus.. ou presque.

Désormais, la population a la possibilité de connaitre la jeunesse éternelle. En contrepartie, ils renoncent  à avoir des enfants et ce afin d’éviter la surpopulation. Ces personnes signent une Déclaration, ils deviennent des Légaux et  s’affranchissent de la Longévité, une pilule qui éradique les maladies, et les rend donc éternels.

Mais si par inadvertance ou pas, ces personnes décident quand même d’avoir un enfant, de braver l’interdit, le nouveau né sera placé dans une institution et les parents seront tués. Ces enfants, sont excédentaires, en trop sur cette terre et sont élevés à l’institution de Grange Hall pour racheter les péchés de leurs parents. Ces institutions sont de véritables enfers pour les jeunes ; ici, ils seront ‘dressés’ et éduqués pour en faire de parfaits Employables pour les Légaux. Des esclaves-domestiques en somme, corvéables à souhait. Ils apprennent entre autre la couture, la cuisine, le ménage bien sûr. Ces enfants, on les appelle Les Surplus.

Mme Pincent est la directrice de Grange Hall, un personnage abdominale, terrible, stricte, dure.. elle n’hésite pas à abuser de son statut envers les Surplus à coups de brimades excessives, humiliations, privations de nourriture, coups… Mrs Pincent est une Intendante sévère et exigeante. Les Surplus subissent une totale emprise et exécutent tout ce qu’on leur demande, pensant que tout est pour leur bien…

SurplusAnna, l’héroïne et narratrice de ce premier tome, est une jeune fille complètement soumise, craintive et extrêmement naïve. C’est plus que normal avec cette vie en foyer. SurplusAnna hait ses parents pour avoir été égoïstes et avoir quand même souhaité un enfant malgré la Déclaration qu’ils avaient signé. Les années de lobotoïsme à Grange Hall ont bien fait leur travail, SurplusAnna est arrivée très jeune et n’a aucun autre souvenir – seulement ceux qu’on veut bien lui prêter. Un jour, l’arrivée de Peter, un jeune ado un peu rebelle arrêté à l’extérieur,  vient perturber le quotidien de SurplusAnna. Il a des paroles très différentes de celles qu’elle entend d’habitude, à l’air de vouloir se rapprocher d’elle, mais surtout, veut lui faire comprendre que Grange Hall n’est qu’une supercherie et que ses parents sont vivants et l’attendent  « dehors ». Mais qui est-il, d’où vient-il, pourquoi la connait-il et pourquoi ses parents voudraient la revoir ?

Il se heurte bien entendu à la fermeture d’esprit et à la méfiance de SurplusAnna qui ne croit rien de l’extérieur, totalement sous l’emprise des dires de Mrs Pincent. Peter va devoir travailler dur et finement pour faire comprendre à SurplusAnna, qu’ils sont en danger et doivent s’échapper d’ici.

La première partie du roman est essentiellement basée sur la vie des jeunes à Grange Hall, leurs privations et tout le lavage de cerveau qu’ils subissent. SurplusAnna s’épanche sur son journal intime et il est parfois très dur de réaliser ce qu’ils vivent tellement c’est cruel et injuste. La seconde partie, avec l’arrivée de Peter, met un peu plus d’action et nous assistons à une véritable stratégie du jeune homme pour arriver à ses fins.

Pourtant, après avoir fini ma lecture, je suis mitigée. Bien que le sujet soit intéressant, l’ambiance parfois glaçante et que l’idée de départ soit vraiment bien amenée, le style m’a bien trop rebutée. On sent une héroïne très jeune. Beaucoup de répétitions, « Mrs Pincent » revient très très souvent. Beaucoup de mots commencent avec une majuscule. Les expressions – celles qui sont répétées avec insistance aux Surplus, reviennent également très souvent.. Il est clair que c’est en total accord avec la lobotomisation que subissent les surplus, mais à la lecture, c’est pesant.

C’est en lisant le tome 2, où j’y ai trouvé une plume très différente, plus mature, moins répétitive, que j’ai réalisé que oui, c’était bien l’effet voulu et  que le plongeon dans la tête d’Anna et dans sa vie, était réussi. Cette vie est aussi abominable que la plume.

C’est tout de même avec ces points négatifs – qui n’en sont pas vraiment, que je vous conseille de lire ce premier tome, et de plonger dans cette belle trilogie young adult prometteuse. J’ai lu le tome 2 récemment grâce aux Editions Hélium et je reviens vous en parler très vite (ou enfin, tout est relatif.. ! )

 

La declaration

Traduit de l’américain par Nathalie Peronny
Lecture numérique

Sous terre, personne ne vous entend crier {Gilbert Gallerne}

Sous terre personne ne vous entend crier 01

 

Hello la compagnie !

Qu’on se le dise, je ne suis pas adepte des polars. Non pas que je n’aime pas mais je ne suis pas fan d’enquêtes où les gentils policiers vont attraper les grands méchants. C’est le cliché que j’en ai, je sais c’est moche. Et puis quand j’ai vu ce roman (il y a plus d’un an maintenant..), c’est la couverture qui a insisté : des crânes en relief gaufrés sur une couverture noire ;  et ce titre… de quoi me faire frissonner rien que de m’imaginer enterrée encore vivante – et que personne ne m’entende. Je l’ai acheté et posé sur la pile la plus éloignée..

Et puis chéri le lisait la nuit au boulot et d’après lui, ça dépote dès le début. Les tripes saignantes, un monstre des sous terrain qui mange des rats vivants… ça j’aime : alors j’ai honteusement dérobé le roman à monsieur et on peut dire que j’ai été servie.

Effectivement, le ton est donné, glauque, crade, répugnant dès la première page, histoire de nous glisser qu’il y a quelqu’un de bien dérangé la dedans.

Et puis après, on installe le décor : Lionel Jonzac, commissaire proche de la retraite, pensait passer une journée somme toute banale avec l’arrestation d’un vieux Serbe pourchassé depuis des années, l’apothéose d’une fin de carrière réussie.. Ce n’est pas sans compter sur une bavure où l’un de ses proches collègues et ami est touché par sa faute et se retrouve entre la vie et la mort.

A cela s’ajoute le  cadavre retrouvé d’une jeune femme dans les catacombes où une nouvelle enquête va devoir être ouverte. Seulement, la victime n’est autre que sa nièce Claire. C’est une collègue avec laquelle il est un peu en froid qui se voit confier l’affaire afin d’éviter les conflits d’intérêts. Il va devoir agir seul et contre tous.

Comme je disais, je ne suis pas adepte des polars donc je ne donnerai qu’un avis purement subjectif sur les émotions ressenties. Quant à savoir si les codes du genre sont réunis, il faudra aller voir les pros. Pour le coup, niveau émotions, j’ai frissonné comme il faut. L’ambiance est assez claustro.. Un tueur rôde dans les catacombes, il n’est jamais vraiment dévoilé, juste deviné.. histoire de bien tenir le lecteur sur un  fil moite et répugnant. On sait qu’il est là, chez lui, tapi dans l’ombre, prêt à surgir et à dévorer ses victimes. D’ailleurs quelle mâchoire humaine peut laisser des traces aussi déchirées ? Le tueur est il humain ?

C’est dans cette ambiance malsaine que le roman va se dérouler : entre le besoin de Jonzac de trouver l’assassin de sa nièce, le besoin du tueur d’apaiser son passé, d’anciens dossiers ré-ouverts pour les nécessités de l’enquête.. ou personnels. Le tueur joue avec nous, avec Jonzac. Qui est qui, qui tue qui, qui protège qui ?

Chapitres courts et menant un rythme soutenu qui va crescendo pour un final à point. Un vocabulaire sans surdose de boyaux, juste ce qu’il faut pour sentir le fer dans la bouche. J’avoue m’être fait balader bien gentiment avec une dose d’hémoglobine et de folie bestiaire en intraveineuse.

Je suis vraiment ravie de cette lecture et pense me pencher sur d’autres titres de l’auteur, rencontré brièvement au salon Polar’Osny fin novembre. Un autre titre à me conseillez chez Gilbert Gallerne ?

La couleur du lait {Nell Leyshon}

ceci est mon livre et je l’écris de ma propre main. nous sommes en l’an de grâce mille huit cent trente et un, j’ai quinze ans et je suis assise à ma fenêtre. je vois beaucoup de choses. je vois les oiseaux qui piaillent dans le ciel. je vois les arbres je vois les feuilles.

et chaque feuille a ses veines.

chaque tronc a ses fissures.

je suis pas très grande et mes cheveux ont la couleur du lait

je m’appelle mary et j’ai appris à écrire mo nom. m .a.r.y. ce sont les lettres de mon nom.

je vais vous raconter les choses telles qu’elles sont arrivées mais je ne veux pas me précipiter comme les génisses au portail sinon je vais m’empiéger et de toute manière vous préférez surement que je commence par là que les gens commencent en général.

et c’est au commencement.

 

La couleur du lait

 

C’est ainsi que débute ce roman de Nell Leyshon. « La couleur du lait » nous emporte directement dans la campagne anglaise du début du siècle, avec une jeune fille de 15 ans, Mary, qui nous livrera sa vie, au fil des pages de son journal. Le visage un peu rubicond, pas très jolie et une patte folle. C’était la dernière des 4 filles : Béatrice, Hope et Violette.

Elles vivent à la ferme avec les parents et le grand père. Mary est une jeune fille, courageuse, volontaire qui a la vie des filles de son époque : le dur labeur des champs, une vie plus que modeste, l’héritage de la religion et des bonnes manières…  mais surtout peu de reconnaissance en retour.

Le père, acariâtre et peu aimant, l’envoi chez le pasteur du village – contre bonne dote. Elle est inutile aux champs alors autant qu’elle rapporte de l’argent à la famille. Mary ira s’occuper de Madame qui est malade, elle sera sa bonne. Auprès d’elle, elle apprendra la douceur et les règles de bienséance, mais travaillera aussi dur en cuisine et découvrira la lecture grâce au pasteur Graham. Au décès de Madame, Mary apprendra à ses dépends, que la vie peut parfois avoir un amer goût d’humiliations..

Mary est extrêmement touchante, son franc parler de paysanne têtue est sincère : c’est ainsi qu’elle couchera ses mots simples pour nous raconter son histoire.

Les débuts de lecture ne sont pas évident du tout : pas de majuscules, pas de tirets, les mots qui viennent comme une envie de pisser, comme une envolée de moineaux. Ils vont et se posent ici pour raconter la triste vie de Mary. Très rural, sans syntaxe, le langage est pourtant parfait. Je me souviens tant de ma Félicie à moi, Percheronne, qui parlait comme ça.

le père était au cochon, il m’a regardé entrer dans la cour

où c’est qu’elle est ta sœur ?

elle est restée à soigner un mouton

va donc au champ qu’il a dit

Un roman d’apprentissage campagnard, poignant, dur et une fin soudaine en toute en violence, qu’on ne voit presque pas venir. On ne peut que rager contre cette injustice.

Ce roman est une petite merveille.. et cette héroïne une perle de lait. Un coup de coeur ♥

 

 Traduit par Karine Lalechere

 

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Edition 10/18 ◊ 192 pages ◊ 6,60€ broché ◊ Sortie 09/2015

La couleur du lait 2

 

Et parce qu’il n’y a pas que mon avis qui compte, allez faire un tour chez eux..

 

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