« Marin, Félix et l’île aux oiseaux » d’Erwan Bargain et Julia Wauters

« Mercredi c’est trop permis » et d’ailleurs, aujourd’hui on part sur l’île aux oiseaux !

Bonjour à vous, amis de la ville ou de la nature. Les éditions Hélium nous proposent un petit séjour avec Marin et Félix sur l’île aux oiseaux, alors merci à eux ! Vous êtes partants ?

Marin et Félix sont deux hommes qui vivent chacun sur leur jolie île déserte personnelle. Jusqu’à ce qu’ils se rencontrent et découvrent qu’en réalité, sans s’en rendre compte, ils partagent la même île… Ils se disputent l’île, mais, heureusement, Marin a une idée ! Il propose à son rival de construire un mur pour délimiter l’île en deux afin que chacun en ait sa partie. Félix approuve l’idée et ils commencent tous les deux la construction de ce mur. Ils y passent des jours et des jours, tous les deux très motivés par leur projet. Mais, en fin de compte, à passer autant de temps ensemble, ils ont fini par s’apprécier. Alors à quoi bon construire un mur s’il sépare deux amis ?

Si je devais choisir un mot pour décrire cet album, j’hésiterais entre coloré et rencontre. Les illustrations, réalisées par Julia Wauters, sont simples, attrayantes, colorées, elles respirent la nature et la présente comme un petit coin de paradis.

L’histoire, par Erwan Bargain, parle de deux hommes qui se rendent compte qu’au final, ils ne se détestent pas tant que ça. On dit que c’est la première impression qui compte, et bien pas dans ce livre ! Marin et Félix se sont contentés de leur désaccord, leur première rencontre pour croire qu’ils ne pourraient pas s’entendre et ont bien fini par comprendre que finalement, si. En fin de compte, pour qu’ils s’apprécient, il suffisait qu’ils essaient. C’est une jolie histoire d’amitié car ces deux personnages qui voulaient à tout prix ne plus se voir, ont fini par décider qu’ils se sentiraient bien mieux tous les deux !

« Marin, Félix et l’île aux oiseaux » est un très beau livre qui, je pense, pourrait être très apprécié par les plus jeunes, et même leurs parents. Et si vous aimez les oiseaux, sachez que l’on en trouve sur presque toutes les pages ! (Dommage… Il y a une page où il n’y en a pas…)

Heureuse journée à vous,

Cornélia.

Hélium – Parution le 20 octobre 2021 – 40 pages – 16,90 € – dès 6 ans

« La vie en rose de Wil » de Susin Nielsen

« Mercredi c’est trop permis », comme dit Félicie, alors parlons littérature jeunesse !

Et oui, c’est moi Cornélia, je suis de retour ! Non pas pour vous jouer un mauvais tour, mais pour vous partager mon tout premier avis de lecture. Car j’ai reçu – il y a environ un mois – un roman des éditions Hélium, que je remercie, ainsi que Sylvie, pour leur confiance. Alors, voici le petit bijou :

Si vous vous demandez si « La vie en rose de Wil » fait voir la vie en rose, la réponse est probablement oui, à quelques exceptions près…

Il faut dire que Wilbur, 14 ans, vivant à Toronto, n’a pas une adolescence de rêve : mal dans sa peau et avec peu d’amis… Entre son job dans une sandwicherie où il n’est pas respecté et le lycée où il est harcelé, il tient le coup comme il peut ! Heureusement, ses adorables mères, ses deux seuls amis et son fidèle chien à courtes pattes, Templeton, sont là pour le soutenir.

Arrive le jour où M. Papadopoulos, le sympathique chef de la fanfare, décide d’organiser un échange linguistique avec une école parisienne (pour des raisons peu professionnelles, puisque c’est surtout pour avoir l’occasion de revoir une certaine mademoiselle Lefèvre… mais l’amour n’attend pas les vacances donc on ne lui en veut pas 😉). Wil tombe amoureux de sa surprenante correspondante, Charlotte, dès son arrivée à Toronto. C’est là que la mission commence : son meilleur ami Sal (85 ans,­­­­­ amoureux de Paris et de sa femme qui n’est plus de ce monde), son ami Alex (avec qui il joue en musique ses poèmes) et Fabrizio (le copain d’Alex) l’aident à avoir confiance en lui et à s’affirmer pour tenter de conquérir le cœur de la jolie parisienne. Mais une complication pointe le bout de son nez car Wil doit d’abord rassembler la somme nécessaire à son départ pour Paris, afin de pouvoir partir rejoindre Charlotte. Ce qui n’est pas une mince affaire depuis que ses mères (surnommées « Les Mapas ») ont toutes les deux perdu leur emploi. Elles doivent redoubler d’efforts (et faire des concessions) pour ne pas perdre leur maison et permettre à leur fils de voyager à Paris. Mais, heureusement pour eux (et pour nous), les Mapas sont de vraies rigolotes, débordantes d’amour et de bonne humeur ! Ce qui rattrape un peu les mauvaises nouvelles…

Roman dès 11 ans, « La vie en rose de Wil » aborde des sujets forts et souvent complexes, notamment de l’adolescence, mais pas que ! Il présente aux jeunes ados les « étapes » de la vie et les difficultés que l’on peut y rencontrer à travers ses personnages. En commençant par Wilbur, presque 12 ans, puis 14, ainsi que ses camarades, qui nous montrent comment « sortir de sa coquille », prendre confiance en soi et enfin découvrir le monde. Suivis des Mapas, mères d’un garçon, elles ont des responsabilités que l’on n’a pas à 14 ans. Les enjeux et les difficultés ne sont pas les mêmes, sans être pour autant « plus importants que… » car chaque problème est important à sa manière. Enfin, à travers Sal. Le « jeune homme de 85 ans » nous apprend à prendre conscience que la mort existe car on a parfois tendance à l’oublier, ou à ne pas vouloir y penser. Mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas vivre ! Sal n’a pas peur de la mort et ne regrette rien de sa vie. Il souhaite que Wil profite un maximum de son voyage à Paris sans se prendre la tête, juste qu’il soit heureux et qu’il voit la vie à la française ! (et en rose, pourquoi pas ?)

Une histoire instructive, drôle et facile à lire. Moi qui ai tendance à lâcher un livre par un petit ennui entre deux pages, je n’ai eu aucun souci à lire celui-ci. Les évènements s’enchaînent assez rapidement – ce qui laisse, en effet, peu de place à l’ennui – mais sans pour autant qu’il soit omis quelque détail ou information qui soit nécessaire à la compréhension de l’histoire. Les lieux et personnages (la plupart très attachants, soit dit en passant) sont suffisamment bien décrits à mon goût – on imagine bien chacun d’entre eux.

J’ai beaucoup aimé l’idée du partage d’extraits de poèmes du personnage de Wilbur en début de chapitres. J’ai trouvé intéressant d’apprendre à le connaître à travers ses œuvres qui apportent des détails sur lui, notamment sur ce qui le préoccupe, puisqu’il écrit des poèmes en lien avec les situations qu’il vit et ce qu’il ressent. On comprend que c’est en écrivant qu’il « se confie » sur ses inquiétudes et ses sentiments.

Tout ça pour dire que ce fut une agréable lecture – que je conseille, bien entendu, à partir de 11 ans et aussi pour les plus grands !

Heureuse journée à vous,

Cornélia.

Hélium – Parution le 25 août 2021 – 224 pages – 14,90 € – Dès 11 ans

L’oranger {Andréa ANTINORI}

Mercredi c’est trop permis, on lit des albums illustrés pour les tous petits !

Très court retour de lecture pour un album minimaliste et plutôt rigolo.

L’oranger, c’est la jolie histoire d’un petit… oranger.

Que ce soient des corbeaux qui viennent lui chiper ses fruits, le jardinier qui lui coupe les branches, la chenille qui croque ses feuilles et bien d’autres tracas, ce pauvre arbre en a ras-les-oranges.

C’en est assez !

Il décide de se venger.

Sauf que la police est à ses trousses..

Que va t’il lui arriver ?

Pour le savoir, à vous de lire ou regarder ce très joli album, faits de dessins simplistes, d’onomatopées et travaillé avec seulement 4 couleurs ! Nuances de noir/gris, vert et rouge.

Adulte, il nous faudra moins de 2 minutes pour le feuilleter. Mais ce livre peut être un formidable terrain de jeu pour les plus jeunes, afin de laisser libre court à leur imagination pour qu’ils racontent l’histoire à leur façon et qu’il crée des dialogues endiablés. A eux d’imaginer une vengeance pour sauver ce gentil oranger ou de commencer à entrevoir les soins à apporter à la nature qui les entoure.

À partir de 1 an pour les couleurs et les images, puis dès que l’enfant sait papoter, il sera d’autant plus rigolo 🙂

Hélium (lien fbook) – Parution Mars 2021 – 48 pages – 13,90€

Rosie court toujours {Marika MAIJALA}

Mercredi c’est trop permis, on lit des albums illustrés !

Rosie, c’est une gentille Lévrier, qui aime la course ! Elle enchaîne les courses et les trophées, mais le soir, dans sa cage, elle rêve de prairies et de grands espaces..

Alors un jour, après avoir franchi la ligne d’arrivée, Rosie décide de ne pas s’arrêter.

Elle court et court encore..

Elle traverse les villes, les champs, le port, la gare…

Elle rencontre une petite fille, un vieux monsieur qui boit du thé, des canards…

Au détour d’un parc, elle rencontre d’autres chiens.

Elle s’arrête, elle hésite. La chienne s’amuse avec eux, rit et court encore !

Que cherche la grande Rosie ?

À l’aide de ses pastels gras, l’auteure et illustratrice nous offre des dessins particuliers et très colorés, qui donnent une impression de vitesse. C’est une histoire très rythmée, Rosie court et court..

Un album illustré grand format pour amener le petit lecteur à se poser des questions sur ce qu’est l’esprit de liberté et pourquoi pas, aborder la discussion autour de la vie des animaux de compétitions, qui pour moi est un sujet qui ouvre débat.

Dès 5 ans.

Hélium (lien fbook) – Parution Mars 2021 – 58 pages – 16,90€ – Dès 5 ans.

L’histoire d’Anna Tome 1 La déclaration {Gemma Malley}

Mercredi c’est trop permis !

La declaration L'histoire d'Anna

 Bonjour les jeunes lecteurs !

Nous voilà plongés dans une dystopie au sujet assez glaçant. Dans cette trilogie, il est un monde où la mort n’est plus.. ou presque.

Désormais, la population a la possibilité de connaitre la jeunesse éternelle. En contrepartie, ils renoncent  à avoir des enfants et ce afin d’éviter la surpopulation. Ces personnes signent une Déclaration, ils deviennent des Légaux et  s’affranchissent de la Longévité, une pilule qui éradique les maladies, et les rend donc éternels.

Mais si par inadvertance ou pas, ces personnes décident quand même d’avoir un enfant, de braver l’interdit, le nouveau né sera placé dans une institution et les parents seront tués. Ces enfants, sont excédentaires, en trop sur cette terre et sont élevés à l’institution de Grange Hall pour racheter les péchés de leurs parents. Ces institutions sont de véritables enfers pour les jeunes ; ici, ils seront ‘dressés’ et éduqués pour en faire de parfaits Employables pour les Légaux. Des esclaves-domestiques en somme, corvéables à souhait. Ils apprennent entre autre la couture, la cuisine, le ménage bien sûr. Ces enfants, on les appelle Les Surplus.

Mme Pincent est la directrice de Grange Hall, un personnage abdominale, terrible, stricte, dure.. elle n’hésite pas à abuser de son statut envers les Surplus à coups de brimades excessives, humiliations, privations de nourriture, coups… Mrs Pincent est une Intendante sévère et exigeante. Les Surplus subissent une totale emprise et exécutent tout ce qu’on leur demande, pensant que tout est pour leur bien…

SurplusAnna, l’héroïne et narratrice de ce premier tome, est une jeune fille complètement soumise, craintive et extrêmement naïve. C’est plus que normal avec cette vie en foyer. SurplusAnna hait ses parents pour avoir été égoïstes et avoir quand même souhaité un enfant malgré la Déclaration qu’ils avaient signé. Les années de lobotoïsme à Grange Hall ont bien fait leur travail, SurplusAnna est arrivée très jeune et n’a aucun autre souvenir – seulement ceux qu’on veut bien lui prêter. Un jour, l’arrivée de Peter, un jeune ado un peu rebelle arrêté à l’extérieur,  vient perturber le quotidien de SurplusAnna. Il a des paroles très différentes de celles qu’elle entend d’habitude, à l’air de vouloir se rapprocher d’elle, mais surtout, veut lui faire comprendre que Grange Hall n’est qu’une supercherie et que ses parents sont vivants et l’attendent  « dehors ». Mais qui est-il, d’où vient-il, pourquoi la connait-il et pourquoi ses parents voudraient la revoir ?

Il se heurte bien entendu à la fermeture d’esprit et à la méfiance de SurplusAnna qui ne croit rien de l’extérieur, totalement sous l’emprise des dires de Mrs Pincent. Peter va devoir travailler dur et finement pour faire comprendre à SurplusAnna, qu’ils sont en danger et doivent s’échapper d’ici.

La première partie du roman est essentiellement basée sur la vie des jeunes à Grange Hall, leurs privations et tout le lavage de cerveau qu’ils subissent. SurplusAnna s’épanche sur son journal intime et il est parfois très dur de réaliser ce qu’ils vivent tellement c’est cruel et injuste. La seconde partie, avec l’arrivée de Peter, met un peu plus d’action et nous assistons à une véritable stratégie du jeune homme pour arriver à ses fins.

Pourtant, après avoir fini ma lecture, je suis mitigée. Bien que le sujet soit intéressant, l’ambiance parfois glaçante et que l’idée de départ soit vraiment bien amenée, le style m’a bien trop rebutée. On sent une héroïne très jeune. Beaucoup de répétitions, « Mrs Pincent » revient très très souvent. Beaucoup de mots commencent avec une majuscule. Les expressions – celles qui sont répétées avec insistance aux Surplus, reviennent également très souvent.. Il est clair que c’est en total accord avec la lobotomisation que subissent les surplus, mais à la lecture, c’est pesant.

C’est en lisant le tome 2, où j’y ai trouvé une plume très différente, plus mature, moins répétitive, que j’ai réalisé que oui, c’était bien l’effet voulu et  que le plongeon dans la tête d’Anna et dans sa vie, était réussi. Cette vie est aussi abominable que la plume.

C’est tout de même avec ces points négatifs – qui n’en sont pas vraiment, que je vous conseille de lire ce premier tome, et de plonger dans cette belle trilogie young adult prometteuse. J’ai lu le tome 2 récemment grâce aux Editions Hélium et je reviens vous en parler très vite (ou enfin, tout est relatif.. ! )

 

La declaration

Traduit de l’américain par Nathalie Peronny
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