Publié dans Mes envies du moment..

Ma sœur, cette fée carabossée {Clément Moutiez}

Ma soeur cette fée carabossée

 

Bonjour tout le monde !

Je vous présente aujourd’hui un joli coup de coeur..

« Ma sœur, cette fée carabossée » est un court roman, dans lequel l’auteur Clément Moutiez nous raconte le quotidien avec sa petite sœur Domitille, adoptée lorsqu’il avait 7 ans. Des premières visites à la DDASS, au « choix » de l’enfant, Clément se retrouve soudainement avec une petite sœur bien particulière à la maison. Ce récit n’est pas un banal témoignage fraternel, nous allons apprendre ici sur un sujet qui pourrait effrayer, car il se trouve que Domitille est trisomique.. elle a les chromosomes qui déboitent, les connexions pas toujours parfaites, on aimerait bien savoir ce qu’il y a dans sa tête : mais une chose est sûre, c’est que tout n’est pas bon à jeter.

Les proches qui l’entourent vont vite s’apercevoir que le reste fonctionne à merveille : contrairement aux premières prévisions, la parole est très présente et souvent drôle -, la mobilité, toujours très active, mais surtout un cœur débordant pour tout ceux qui entre dans son univers.. Cette jolie fée cabossée,  va quelque peu dynamiter l’existence de tout ce petit monde.

L’arrivée de Domitille dans la famille va surprendre, choquer, interroger : c’est un nouveau territoire qu’il faut apprivoiser et ne pas craindre. Une sortie de zone de confort, du hors piste pas toujours contrôlé mais plein de surprises. Il y a des jours pas faciles, surtout au début avec toutes ces craintes et ces questionnements. Ce sont désormais de nouvelles règles, de nouveaux regards, un nouvel entourage amical – chaque famille elle aussi accompagnée de son « triso ». Les réunions se gavent de phrases évoquant les progrès ou les nouvelles bêtises du petit dernier.

Des chapitres assez courts, où tous les sujets ou presque sont traités sans tabou mais toujours avec pudeur et respect : le travail, l’alimentation, le regard des autres, les sentiments.. l’amour et les relations sexuelles. Ces pages nous emportent dans un tourbillon de tranches de vies : des plus touchantes, sérieuses, aux plus drôles, en passant par des situations aussi très cocasses où les familles-qui-n’ont-pas-de-triso, se seraient cachées dans un trou de souris tellement elles avaient honte..

Mais notre Domitille, la honte, elle ne connait pas ; chanter sur la scène du village en massacrant du Zaz, se prendre pour Beyoncé, faire des vidéos pour « un diner presque parfait », elle adore ! Elle vit, simplement et comme beaucoup d’autre, à énormément d’amour à donner, elle ne compte pas, elle distribue les bisous, les attentions, les câlins, les élans d’amour.. mais aussi les baffes car on ne pique pas l’amoureux de Domitille comme ça !

J’ai adoré la plume de l’auteur, elle est bourrée d’humour, mais franche et sans pathos.. on ne s’apitoie pas sur leur sort, on apprend tout simplement, comment c’est la vie avec ces enfants particuliers, qui deviennent des adultes. Avec ce récit, l’auteur nous pousse à voir la trisomie telle qu’elle est mais aussi à l’aimer et vivre avec.

Encore une fois, j’ai surligné la moitié du livre… et postité toutes les 4 pages.. Tout me plait, cette façon d’écrire, cette légèreté de ton et des tournures de phrases aussi emberlificotées que le cerveau de Domitille, sans filtres.. Appelons un chat un chat. Un livre politiquement incorrect où l’amour d’un frère pour sa sœur nous fait regarder la vie avec le cœur..

 « L’été elle adore jouer à « Un diner presque parfait » avec sa nièce. {…} Je les filme à faire les courses, à cuisiner.. {…} pas de scénarios, de mise en scène, que du brut, de l’impro. Et il y a de quoi concurrencer les dialogues d’Audiard. C’est à elles de choisir le menu qu’elles vont présenter à leurs invités. Elles ont une totale liberté au supermarché. Fraises à l’emmental, steaks panés à même le sol, tablette de chocolat sur lit de Nutell@. La gastronomie traditionnelle prend une claque. La cuisine moléculaire peut aller se rhabiller. Un diner aux fourneaux d’une triso, c’est un voyage papillaire. Faut pas avoir l’estomac d’une midinette du XVIe et être à cheval sur l’hygiène, sinon, ce n’est plus un voyage mais des allers-retours sur la cuvette. »

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Lien vers la fiche article du site des Editions Carnets Nord

Sorti le 14/01/2016 ◊ 14€ ◊ 176 pages

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