Quand le pou éternuera

 

Hey Bom Dià !

En voilà un bon livre, distrayant avec lequel on s’instruit – en plus ! J’ai trouvé ce livre en fouinant sur le site des Ateliers Henry Dougier, une maison d’éditions que j’aime beaucoup. Le premier tome de cette duologie de Muriel Gilbert s’appelle « Que votre moustache pousse comme la broussaille ! » mais c’est l’image d’un pou qui éternue qui m’a fait me décider sur le tome 2, celui ci donc.

Ce recueil d’expressions idiomatiques des peuples du monde est un anti-morosité assuré.

Grace à lui, j’ai appris ce qu’est un « Ziboulateur », une « Gomme baloune » et je sais maintenant pourquoi les Belges « n’ont pas toutes les frites dans le même sachet ».. 🙂 Et il y a aussi ceux qui se font « écrapoutir par un char »..

Le style est très dynamique, franchement drôle, reprenant des thèmes et des situations très variées tel que la nourriture, le voyage, la famille, le boulot, le sexe etc.. le tout mis en situation comme dans un roman. Parce qu’elle l’explique bien mieux que moi, voici un extrait de cette petite merveille.

« C’EST COMME ÊTRE ALLONGÉ SUR LE DOS EN MANGEANT DES GÂTEAUX DE RIZ »

« C’est un jeu d’enfant » en Corée

Mais le gros des expressions qui traduisent l’aisance optent pour des images de plaisirs nutritifs, sucrés ou salés, sans exclusive aucune ni ordre de menu. C’est ainsi que ce qui est sobrement « facile comme de boire un verre d’eau » à Rome est du « bouillon de poule » (e canja !) à Lisbonne, aussi aisé que de « retirer le poil du beurre » à Ankara. Si c’est « plus facile qu’un navet cuit » en Biélorussie, alors c’est « comme de la confiture » en Croatie, et du gâteau chez nous — tandis que les Anglo-Saxons se contenteront d’un « morceau » dudit gâteau (« it’s a piece of cake, darling »). Nettement moins angélique, les choses sont parfois « aussi faciles que de voler des glands à un cochon aveugle » (like stealing acorns from a blind pig) ou « des bonbons à un bébé » new-yorkais, quand chez nous comme en Italie, c’est « un jeu d’enfant » (un gioco da ragazzi). Le pompon de l’expression de la facilité revient néanmoins à la Corée, où ce qui n’est pas sorcier est « comme être allongé sur le dos en mangeant des gâteaux de riz ». Trop fastoche !

Quand ça gaze à ce point, « ça cloppe » en Belgique, ça marche « comme sur de la soie » à Amsterdam, « comme sur des roulettes » à Paname, « comme sur du beurre » à Moscou, « tout bien huilé » à Rio : en somme, tout baigne et glisse joyeusement dans l’huile et le gras. Alors, « c’est tout bleu » (esta todo azul) pour le Portugais, qui est « à l’ombre d’un bananier » (a sombra da bananeira) : il ne s’en fait pas. « Il n’y a pas de vache sur la glace » (det ar ingen ko pa isen) ou « il n’y a pas de danger sur le toit », constate le Suédois qui trouve qu’il n’y a aucune raison de s’en faire.

Je peux vous dire que j’ai vraiment passé de bons moments,  du simple sourire à la franche rigolade ; ma buissonnière me l’a chipé aussi et pour l’avoir entendu rire à pleine gorge de sa cabine, je pense que les pré-ados (10/12 ans) peuvent très bien  le lire.. Ils en ressortiront en plus instruits !

Il se lit d’une traite, ou entre deux romans compliqués, par thèmes, afin de redonner le moral et bien sur d’apprendre comment parlent nos voisins. Je pense que je vais tout de même craquer pour le tome 1, histoire de savoir pourquoi en Grèce, « on ne peut pas porter deux pastèques sous la même aisselle » !

Je ne peux que vous conseiller d’avoir ce sympathique livre dans votre bibliothèque.

 

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Résumé : Quand à Paris on n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace, à Madrid on n’apprend pas à nager à un poisson. Quand les Français ne sont pas nés de la dernière pluie, les Allemands ne sont pas arrivés en nageant sur la soupe de nouilles et les Hongrois ne viennent pas de descendre de la tapisserie !

Ni dictionnaire, ni recension exhaustive, ni ouvrage universitaire, Quand le pou éternuera est une boîte de chocolats à picorer au gré des envies. Les expressions de tous pays et de toutes époques s’y agitent et s’y fracassent joyeusement, telles les autos-tamponneuses d’une fête foraine des langues.

Après le succès de « Que votre moustache pousse comme la broussaille ! » publié en 2016, Muriel Gilbert poursuit ici son exploration des expressions des peuples : une invitation au voyage avec pour seule boussole l’humour et l’amour des mots.

Lien des Ateliers Henry Dougier c’est ici !

Prix : 14,90 €

Pages : 142 pages

En librairie le 22 février 2018