Sous terre, personne ne vous entend crier {Gilbert Gallerne}

Sous terre personne ne vous entend crier 01

 

Hello la compagnie !

Qu’on se le dise, je ne suis pas adepte des polars. Non pas que je n’aime pas mais je ne suis pas fan d’enquêtes où les gentils policiers vont attraper les grands méchants. C’est le cliché que j’en ai, je sais c’est moche. Et puis quand j’ai vu ce roman (il y a plus d’un an maintenant..), c’est la couverture qui a insisté : des crânes en relief gaufrés sur une couverture noire ;  et ce titre… de quoi me faire frissonner rien que de m’imaginer enterrée encore vivante – et que personne ne m’entende. Je l’ai acheté et posé sur la pile la plus éloignée..

Et puis chéri le lisait la nuit au boulot et d’après lui, ça dépote dès le début. Les tripes saignantes, un monstre des sous terrain qui mange des rats vivants… ça j’aime : alors j’ai honteusement dérobé le roman à monsieur et on peut dire que j’ai été servie.

Effectivement, le ton est donné, glauque, crade, répugnant dès la première page, histoire de nous glisser qu’il y a quelqu’un de bien dérangé la dedans.

Et puis après, on installe le décor : Lionel Jonzac, commissaire proche de la retraite, pensait passer une journée somme toute banale avec l’arrestation d’un vieux Serbe pourchassé depuis des années, l’apothéose d’une fin de carrière réussie.. Ce n’est pas sans compter sur une bavure où l’un de ses proches collègues et ami est touché par sa faute et se retrouve entre la vie et la mort.

A cela s’ajoute le  cadavre retrouvé d’une jeune femme dans les catacombes où une nouvelle enquête va devoir être ouverte. Seulement, la victime n’est autre que sa nièce Claire. C’est une collègue avec laquelle il est un peu en froid qui se voit confier l’affaire afin d’éviter les conflits d’intérêts. Il va devoir agir seul et contre tous.

Comme je disais, je ne suis pas adepte des polars donc je ne donnerai qu’un avis purement subjectif sur les émotions ressenties. Quant à savoir si les codes du genre sont réunis, il faudra aller voir les pros. Pour le coup, niveau émotions, j’ai frissonné comme il faut. L’ambiance est assez claustro.. Un tueur rôde dans les catacombes, il n’est jamais vraiment dévoilé, juste deviné.. histoire de bien tenir le lecteur sur un  fil moite et répugnant. On sait qu’il est là, chez lui, tapi dans l’ombre, prêt à surgir et à dévorer ses victimes. D’ailleurs quelle mâchoire humaine peut laisser des traces aussi déchirées ? Le tueur est il humain ?

C’est dans cette ambiance malsaine que le roman va se dérouler : entre le besoin de Jonzac de trouver l’assassin de sa nièce, le besoin du tueur d’apaiser son passé, d’anciens dossiers ré-ouverts pour les nécessités de l’enquête.. ou personnels. Le tueur joue avec nous, avec Jonzac. Qui est qui, qui tue qui, qui protège qui ?

Chapitres courts et menant un rythme soutenu qui va crescendo pour un final à point. Un vocabulaire sans surdose de boyaux, juste ce qu’il faut pour sentir le fer dans la bouche. J’avoue m’être fait balader bien gentiment avec une dose d’hémoglobine et de folie bestiaire en intraveineuse.

Je suis vraiment ravie de cette lecture et pense me pencher sur d’autres titres de l’auteur, rencontré brièvement au salon Polar’Osny fin novembre. Un autre titre à me conseillez chez Gilbert Gallerne ?