Publié dans Mercredi c'est trop permis

Lune indienne {Antje Babendererde}

Lune indienne

 

Bonjour chers lecteurs ! c’est le jour des crêpes et des lectures jeunesse 🙂

 

J’ai lu ce roman l’été dernier et j’avais envie de me replonger dans cet univers aride des terres rouges. Qu’il est bon de lire et relire ce genre de pépite ; j‘ai eu un véritable coup de cœur pour Lune Indienne !

C’est le titre qui m’a plu en premier, car il m’a fait voyager rien qu’en le prononçant. Je me voyais déjà parcourant les plaines sur mon cheval pur sang, les plumes de mes cheveux flottants dans l’air !

Pourtant, ce n’est pas la joie qui frappa en premier Oliver 15 ans, lorsque sa mère lui annonce qu’elle se remarie avec un Indien Iakota. Elle décide d’aller vivre avec sa nouvelle belle-famille, dans leur  réserve Indienne du Dakota, au fin fond de l’ouest américain. C’est un choc pour ce jeune garçon : il quitte sa vie bien rangée dans une ville d’Allemagne, son meilleur ami et sa petite amie. Son univers s’écroule pour le seul bonheur de sa mère. Obligé de suivre, il passe par toutes sortes de sentiments, refus, négociations, confrontations et se retrouve vite au milieu de cette poussiéreuse terre. Il s’apitoie d’abord sur son sort, se demandant comment il va vivre ici, lui qui vient du monde – qu’il pense ‘civilisé’..

« Ma mère était mariée avec un Indien : j’avais un beau père avec des tresses ! »

C’est rempli de clichés qu’Oliver fait ses premiers pas dans la réserve remplie d’Histoire. Les débuts sont durs, l’environnement ne ressemble à rien de ce qu’il a connu en ville. Mais très vite il s’aperçoit que les clichés sont vraiment de trop : il s’imaginait  vivre dans une hutte ou un tipi, mais c’est finalement une grande maison avec un toit qui l’accueil.  Certaines pièces sont encore en travaux mais  il se rend compte que son beau père Rodney, est très attentionné et fait ce qu’il faut pour qu’il se sente chez lui ici. Rodney lui prouve quotidiennement que pour les Iakota, la famille est sacrée, les liens du mariage unissent tout le monde. Il a désormais une nouvelle famille, très grande et très unie, dans les bons et les mauvais moments.

« Peine partagé est diminuée de moitié »

Les personnages sont tous très attachants et humains : mon coup de coeur va à Joe et Rodney, deux hommes extrêmement sincères, entiers et courageux. La plume est idéale, dans l’air du temps et je la trouve très fidèle aux réactions de nos ados dans cette situation. Un déménagement n’est déjà pas facile, alors une expatriation vers des coutumes à l’opposé de ce que l’on vit habituellement. Mais encore une fois, l’acclimatation se fait facilement et la vie chez lez Iakota est presque qu’une évidence.. 

« Rodney a passé une cassette avec des chants de powwow, pour nous mettre dans l’ambiance. Joe et lui ont commencé à chanter d’une voix forte. A un moment, ma mère s’est jointe à eux et cela m’a démangé d’en faire autant. Je n’ai pas osé : j’avais peur d’être ridicule »

Ce très beau roman jeunesse est riche de thèmes profonds. La culture Indienne regorge de belles valeurs : l’auteur a su retranscrire avec beaucoup de justesse, les sentiments des adolescents lors de ces changements de vie. L’histoire aborde des sujets tels que l’adaptation, l’ouverture d’esprit, la loyauté, l’esprit de famille, le courage mais aussi le « racisme » dont sont victimes les Peaux rouges face aux Blancs. Ce peuple est fort et porte en lui un regard sur la vie que l’on devrait tous avoir, ce pouvoir de se recentrer sur ces choses qui nous sont parfois inconnues et non perceptibles faute de conscience :

« Quand on vit dans une ville, on marche la majeur partie de la journée sur du béton ou de l’asphalte. On ne touche pas vraiment la Terre, on n’a pas de lien avec elle. Or, maintenant, j’étais assis presque nu sur le sol et je la sentais, la Terre mère. Elle était en cet instant tout ce à quoi je pouvais me raccrocher »

Je ne peux que vous conseiller de lire cette jolie pépite ! Quant à moi, j’ai acheté dans la foulée, « Le chant des orques » du même auteur, il me tarde de m’y plonger également..

« L’amour est sacré, il nous donne la force pour réussir beaucoup de choses, y compris celles dont nous ne nous serions pas crus capables. L’amour ne connait pas de limites, pas de distances, il ne se laisse pas tromper par les apparences. Il sait établir des ponts et faire place à la raison. L’amour comporte bien plus d’éléments que l’on peut en énumérer »

 

Traduit de l’allemand par Marie José Lamorlette

 

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Résumé : Oliver n’oubliera jamais ce jour où sa mère lui a annoncé son mariage avec un Indien Iakota. Arraché à son pays et à ses amis, il se retrouve à quinze ans, exilé dans une réserve, en plein coeur de l’Ouest américain.
Pour le meilleur et pour le pire, il apprendra pourtant à connaître ce peuple fier et courageux qui se bat pour la sauvegarde de son identité.

Un roman fort et poignant qui bouscule nos préjugés.

Bayard Jeunesse ◊ 345 pages ◊ 03/2007 ◊ 8.99€ en num.

 

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