Les chasseurs dans la neige {Jean Yves Laurichesse}

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Quand le tableau de Pieter Bruegel l’Ancien prend vie…

Bonjour !

Une très belle sortie littéraire en ce jour, aux Ateliers Henry Dougier, encore !

Lorsque Nadia m’a proposé ce livre, j’étais réticente. Peur d’une trop grande sortie de confort, dans le domaine de la peinture.. Comme quoi les résumés sont parfois trompeur, trop de préjugés de ma part car j’ai vraiment aimé ce roman de Jean Yves Laurichesse.

La couverture représente une petite partie du célèbre tableau de Pieter Brueghel l’ancien. L’auteur a décidé de faire parler cette œuvre, imaginant une genèse des plus émouvante.   Nous plongeons très vite au cœur d’un village des Flandres, un jour d’hiver. Une fête au village, un bal dansant, un inconnu,  des regards puis, la vie qui continue pour Maeke une jeune et jolie brodeuse de famille très modeste. Le retour de ce bourgeois inconnu, qui est en fait le peintre Pieter, apportera un espoir d’avenir plus serein pour la jeune fille..

Autour d’eux, vivent amis et familles, chasseurs, villageois. Des tranches de vies modestes et emplies de sincérité, pour y découvrir l’âme de cette vallée enneigée. Mais aussi la jalousie et l’hypocrisie des gens de la ville à Brussel, lorsqu’elle séjourna dans la famille de Pieter.

La plume est parfaite, belle et poétique ; des chapitres courts se succèdent facilement et nous laissent spectateurs de ce beau paysage et de ces vies parfois sombres mais toujours chargées d’amour et de générosité. Il y a bien ce tableau, image figée dans le temps, et puis ce roman qui fait durer le plaisir de la contemplation.. Nous vivons cette peinture, nous nous réchauffons près du feu, nous patinons sur l’étang gelé, nous pouvons même entendre l’église sonner..

Mon seul regret, qu’il soit si court..

Je remercie Nadia et les Ateliers Henry Dougier pour m’avoir permis la lecture de ce roman, ainsi que Jean Yves Laurichesse pour cette pause hivernale au milieu de cette belle vallée des Flandres anciennes.

Les chasseurs dans la neige

Les chasseurs dans la neige – Jagers in de sneeuw – Réalisé en 1565.

 

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Jean Yves Laurichesse sera en dédicace à la Librairie Ombres Blanches à Toulouse

Le vendredi 9 novembre de 17h à 19h.

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On ne sait presque rien de la vie de Pieter Bruegel l’Ancien, dont on célébrera en 2019 le 450e anniversaire de la mort. Son visage même ne nous a été transmis par aucun portrait fiable. Et pourtant certains de ses tableaux sont parmi les plus célèbres au monde.
C’est en entrant dans l’un d’eux, Les Chasseurs dans la neige, que l’auteur nous restitue ce qu’a pu être la présence du peintre flamand, sous le regard d’une jeune fille dont le destin a été changé par cette rencontre. D’un village perdu de Campine à Bruxelles la grande ville, l’histoire de Pieter et Maecke, entourés des paysages et des personnages de la Flandre du XVIe siècle, nous fait aussi approcher le mystère toujours fuyant de la création.

Ateliers Henry Dougier – Sortie le 4 octobre 2018

Collection Littérature – 93 pages – 14 €

 

 

Le temps d’une île {Thierry Clech}

Sortie aujourd’hui le 6 Septembre 2018

Le temps d'une ile

Bonjour à tous !

Je fais un bref retour  aujourd’hui pour la sortie du roman de Thierry Clech « Le temps d’une île ».

Lorsque que l’on m’a proposé ce service presse, j’ai forcément été attirée par la couverture très iodée… mais aussi simple, énigmatique voire même sombre. Les nuages et le jour tombant m’ont fait imaginer des tas d’histoires, qui auraient eu pour lieu ce bout de caillou sorti de l’eau. C’est évidement ce qu’à fait l’auteur avec ce beau roman.

Je l’ai lu en une mini soirée, une à deux heures à peine il me semble. 136 pages, des chapitres très courts et qui reprennent des tranches de vie des habitants au fil du temps.. Tout commence en l’an – 20 402 ; l’ère préhistorique, une femme des cavernes, mettant au monde son enfant. Le début de l’Histoire ? le début du monde.. le début de la vie sur ce cailloux ? Les chapitres se succèdent, ainsi que divers destins qui ont façonné notre histoire et ce rocher. Des Romains à Versailles, de la Révolution à la seconde Guerre mondiale.. nous faisons connaissance avec les différentes personnes ayant connue cette île. Le voyage se terminera en 2147, de quoi nous donner un aperçu de ce qui attend les habitants du rocher.. et nous.

La plume est fluide, le vocabulaire est très compréhensible mais pourtant,  j’ai trouvé certaines phrases un peu longues, souvent en fait. Le style est quelquefois légèrement poétique, spirituel et figuré. De belles descriptions nous laissent facilement imaginer le lieu suivant l’époque..

Un premier roman de l’auteur vraiment prometteur.. Il pourrait aussi très bien être étudié en classe supérieure, pourquoi pas ; histoire de donner une autre vision de notre Histoire, de manière plus abordable.

En bref, j’ai bien aimé ce court roman, l’idée d’imaginer les vies de divers personnages régnant sur un même lieu, au fil du temps est très bien pensé. J’aurais aimé des chapitres un peu plus longs, histoire de s’approprier encore mieux certains protagonistes et leurs histoires.

Je remercie Nadia ainsi que les Ateliers Henry Dougier pour m’avoir permis de découvrir ce premier roman de Thierry Clech. Je souhaite à l’auteur beaucoup de succès !

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L’auteur est en dédicace le 13 septembre aux Ateliers Henry Dougier – 7, rue du Pré aux clercs 75007 Paris, à partir de 18h..

Je vous avoue que je brûle d’envie d’y aller…(car il sera accompagné d’un autre auteur que j’aime beaucoup ; Valéry Sauvage ! )

Quant à moi, je reviens bientôt pour d’autres nouvelles, retours lectures, le concours anniversaire (plus qu’en retard..), un tag.. J’ai hâte de vous retrouver !

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Résumé  : « Je devinais dans la nuit la forme triangulaire d’une île, au centre de la baie, dont la masse obscure se détachait à peine des lueurs astrales du ciel. Cette île m’intriguait… »

Qui, à travers le temps, a contemplé cette île à l’horizon ? Qui, il y a un siècle, 300 ans ou plus d’un millénaire a arpenté cette côte, a foulé cette plage ? Des anonymes, des personnages célèbres ? Qui y est né, qui y est mort ? Dans quelles circonstances ? Des hommes s’y sont entretués et des couples s’y sont embrassés. Certains y ont laissé des regrets. D’autres ont pu y infléchir leur destin.

Thierry Clech a imaginé quelques-unes de ces vies, de l’âge de pierre jusqu’au siècle futur, offrant ainsi une surprenante histoire de l’humanité.

 

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En librairie dès aujourd’hui, 6 septembre 2018 ∴ 14 € ∴ 136 pages ∴ Ateliers Henry Dougier

Quand le pou éternuera {Muriel Gilbert}

Quand le pou éternuera

 

Hey Bom Dià !

En voilà un bon livre, distrayant avec lequel on s’instruit – en plus ! J’ai trouvé ce livre en fouinant sur le site des Ateliers Henry Dougier, une maison d’éditions que j’aime beaucoup. Le premier tome de cette duologie de Muriel Gilbert s’appelle « Que votre moustache pousse comme la broussaille ! » mais c’est l’image d’un pou qui éternue qui m’a fait me décider sur le tome 2, celui ci donc.

Ce recueil d’expressions idiomatiques des peuples du monde est un anti-morosité assuré.

Grace à lui, j’ai appris ce qu’est un « Ziboulateur », une « Gomme baloune » et je sais maintenant pourquoi les Belges « n’ont pas toutes les frites dans le même sachet ».. 🙂 Et il y a aussi ceux qui se font « écrapoutir par un char »..

Le style est très dynamique, franchement drôle, reprenant des thèmes et des situations très variées tel que la nourriture, le voyage, la famille, le boulot, le sexe etc.. le tout mis en situation comme dans un roman. Parce qu’elle l’explique bien mieux que moi, voici un extrait de cette petite merveille.

« C’EST COMME ÊTRE ALLONGÉ SUR LE DOS EN MANGEANT DES GÂTEAUX DE RIZ »

« C’est un jeu d’enfant » en Corée

Mais le gros des expressions qui traduisent l’aisance optent pour des images de plaisirs nutritifs, sucrés ou salés, sans exclusive aucune ni ordre de menu. C’est ainsi que ce qui est sobrement « facile comme de boire un verre d’eau » à Rome est du « bouillon de poule » (e canja !) à Lisbonne, aussi aisé que de « retirer le poil du beurre » à Ankara. Si c’est « plus facile qu’un navet cuit » en Biélorussie, alors c’est « comme de la confiture » en Croatie, et du gâteau chez nous — tandis que les Anglo-Saxons se contenteront d’un « morceau » dudit gâteau (« it’s a piece of cake, darling »). Nettement moins angélique, les choses sont parfois « aussi faciles que de voler des glands à un cochon aveugle » (like stealing acorns from a blind pig) ou « des bonbons à un bébé » new-yorkais, quand chez nous comme en Italie, c’est « un jeu d’enfant » (un gioco da ragazzi). Le pompon de l’expression de la facilité revient néanmoins à la Corée, où ce qui n’est pas sorcier est « comme être allongé sur le dos en mangeant des gâteaux de riz ». Trop fastoche !

Quand ça gaze à ce point, « ça cloppe » en Belgique, ça marche « comme sur de la soie » à Amsterdam, « comme sur des roulettes » à Paname, « comme sur du beurre » à Moscou, « tout bien huilé » à Rio : en somme, tout baigne et glisse joyeusement dans l’huile et le gras. Alors, « c’est tout bleu » (esta todo azul) pour le Portugais, qui est « à l’ombre d’un bananier » (a sombra da bananeira) : il ne s’en fait pas. « Il n’y a pas de vache sur la glace » (det ar ingen ko pa isen) ou « il n’y a pas de danger sur le toit », constate le Suédois qui trouve qu’il n’y a aucune raison de s’en faire.

Je peux vous dire que j’ai vraiment passé de bons moments,  du simple sourire à la franche rigolade ; ma buissonnière me l’a chipé aussi et pour l’avoir entendu rire à pleine gorge de sa cabine, je pense que les pré-ados (10/12 ans) peuvent très bien  le lire.. Ils en ressortiront en plus instruits !

Il se lit d’une traite, ou entre deux romans compliqués, par thèmes, afin de redonner le moral et bien sur d’apprendre comment parlent nos voisins. Je pense que je vais tout de même craquer pour le tome 1, histoire de savoir pourquoi en Grèce, « on ne peut pas porter deux pastèques sous la même aisselle » !

Je ne peux que vous conseiller d’avoir ce sympathique livre dans votre bibliothèque.

 

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Résumé : Quand à Paris on n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace, à Madrid on n’apprend pas à nager à un poisson. Quand les Français ne sont pas nés de la dernière pluie, les Allemands ne sont pas arrivés en nageant sur la soupe de nouilles et les Hongrois ne viennent pas de descendre de la tapisserie !

Ni dictionnaire, ni recension exhaustive, ni ouvrage universitaire, Quand le pou éternuera est une boîte de chocolats à picorer au gré des envies. Les expressions de tous pays et de toutes époques s’y agitent et s’y fracassent joyeusement, telles les autos-tamponneuses d’une fête foraine des langues.

Après le succès de « Que votre moustache pousse comme la broussaille ! » publié en 2016, Muriel Gilbert poursuit ici son exploration des expressions des peuples : une invitation au voyage avec pour seule boussole l’humour et l’amour des mots.

Lien des Ateliers Henry Dougier c’est ici !

Prix : 14,90 €

Pages : 142 pages

En librairie le 22 février 2018

Rue Blondel {Valery Sauvage}

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Bom dia !

Je vous présente aujourd’hui une lecture qui ne m’a pas laissée indifférente et m’a beaucoup émue.

Une plongée dans le vieux Paris des années 50… à la rencontre de 3 personnages atypiques et aux âmes très différentes..

Avant de le commencer, j’avoue que j’ai eu un peu d’appréhension quand au contexte général de l’histoire : la noirceur du thème de la prostitution, les conditions, les bas quartiers.. Comment allais-je gérer les émotions ? La très belle mais sombre couverture, nous plonge directement dans cette rue pavée éponyme, ne manquait plus que les « trois petites marches » si célèbres dans le roman, pour basculer complètement dans cette ambiance. Mais une fois le livre ouvert, les mots ont simplement défilés sous mes yeux, et je n’ai refermé le livre qu’une fois terminé. Les destins si fragiles et bruts, ces personnages authentiques ont fait de ces petites heures une réelle immersion. Bienvenue dans la rue Blondel.

Dans cette rue que l’on imagine très bien morne, sombre, humide et où chacun est un peu seul, vous y trouverez des destins qui croisent et se perdent, se retrouvent, s’aiment, se quittent.. 3 êtres écorchés qui ont cherché l’amour qu’on ne leur donnait pas.

Lulu la prostituée, très jeune et déjà sur le trottoir. Une vie toute tracée depuis l’enfance qu’elle n’a pas eu facile. Les douleurs et déceptions feront d’elle une femme forte mais  très fragile à la fois. Momo, le petit caïd du quartier, entouré de mauvaises fréquentations et dont les actes n’ont pas toujours récoltés que des bons « poings ».. Et Edmond, pourtant né de bonne famille, mais mal aimé aussi, qui va et vient de partout et nul part, à la recherche de reconnaissance.

Les chapitres sont courts et racontent tout à tour, sur une trentaine d’années, les tranches de vies de ces 3 protagonistes, nés sous de mauvaises étoiles.. Malgré un cadre plutôt sombre et un milieu quelque peu sinistre, l’auteur ne tombe jamais dans le mélodrame ni le glauque, ni le voyeurisme. Tout est raconté avec tellement de pudeur et de justesse que Lulu, Momo et Edmond en deviennent tous les trois très touchants. Leurs destins vont se croiser et Lulu deviendra un réconfort important pour ces deux hommes. Elle sera ce dont ils ont besoin tour à tour, l’amante, l’amie, la femme..

La plume de l’auteur se veut simple et très bien écrite, un peu brute parfois mais sans vulgarité et pleine de respect. Elle est parfaitement dans le ton des années 50 et ses titis parisiens. On entendrait presque Edith chanter Milor. Elle nous emporte dans leurs tristes pensées, leurs désespoirs, leurs vies si ternes et dures, leurs doutes et parfois leurs abandons face à cette étincelle de vie qui ne vient pas.

On ne peut que s’attacher à Lulu, Momo et Edmond. Je suis triste de les quitter, bien que le soleil tend à poindre sur leurs coeurs. Ils sont devenus comme des amis et je les aime sincèrement.

Une chose se dégage encore de ce livre une fois fermé, c’est ce sentiment universel qu’est l’Amour et toutes ses formes, il ne s’achète pas mais se partage et permet d’apporter de la lumière et de l’espoir aux plus méritants.

Ce petit roman est finalement très compliqué à décrire, il ne s’explique pas, il se lit et se ressent. Tout se passe à l’intérieur, on vit l’histoire et on y entre avec une facilité déconcertante malgré le milieu qu’on aimerait éviter. On n’a pas envie de le lâcher… Ce livre est un gros gros coup de coeur ♥♥, une lecture merveilleuse.

Je remercie infiniment Valéry Sauvage pour cette « belle » histoire, ainsi que les Ateliers Henry Dougier pour m’avoir envoyer ce livre.

Rue Blondel

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Résumé : Près de la Porte-Saint-Martin, à Strasbourg-Saint-Denis, il y a la rue Blondel. Or dans la rue Blondel, y’avait une demoiselle. Elle avait l’uniforme que porte la profession : une jupette ultra-courte et puis un boléro ayant peine à cacher un soutif en dentelle deux tailles trop étroit. Elle se postait toujours en haut de ses trois marches, dans le creux d’une porte. On aurait dit un peu comme une pauvre madone dessus son piédestal.

Elle s’appelait Lucienne, mais on disait Lulu. Et puis y’avait Momo, le serrurier et ses mauvaises
fréquentations et puis aussi Edmond, qui n’aimait pas son prénom, qui n’aimait pas ses parents, qui ne s’aimait pas trop non plus lui-même et qui partit en Grèce sans vraiment savoir pourquoi.

Tout commença dans les années 1950, rue Blondel, à Strasbourg-Saint-Denis.

Editeur : Ateliers Henry Dougier (cliques pour le catalogue HD)

Auteur : Valéry Sauvage (cliques pour le site de l’auteur)

Nb de pages : 128

Sortie : Mai 2018

Prix : broché 14€ et 5,99€ en num.