Les chants du large {Emma Hooper}

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Bonjour, bonjour 🙂

Ce roman me faisait beaucoup envie…

Finn a 11 ans et vit avec ses parents Aidan et Martha et sa sœur Cora, sur une ile isolée du Canada. Dans les années 1990, les habitants vivent des ressources de l’ile, notamment de la pêche. Seulement, les réserves de poissons s’amenuisent et la vie sur l’ile devient de plus en plus difficile. Les habitants partent petit à petit, chercher une vie meilleure, un job rentable.. Les parents de Finn et Cora essayent de garder espoir : ils décident de rester à Terre Neuve mais iront travailler à tour de rôle dans une autre région. Ils se croisent tous les mois au ferry lorsqu’un rentre pour veiller sur les enfants et que l’autre part gagner sa vie. Pendant ce temps là, Finn et Cora imaginent un avenir plus joyeux avec leurs yeux d’enfants. Quand l’une se met à re-décorer les maisons vides aux couleurs des pays du monde, l’autre invente des stratagèmes pour faire revenir le poisson dans la région. Une histoire somme toute banale, traitant aussi de la difficulté de la vie à cette époque,  tout en douceur et imagination infantile, empreinte de chants marins.

Le résumé me tentait beaucoup et puis j’ai ouvert le livre.. Pour tout vous dire, je n’ai pas vraiment accroché et je n’ai fait que planer au dessus du roman, je ne suis pas rentrée dedans. J’ai trouvé cela long et monotone. La manière d’écrire d’Emma Hooper m’a laissé de marbre et pourtant elle est vraiment atypique.

Beaucoup d’aller-retour dans le passé pour connaitre les prémices de la rencontre des parents de Finn. Sur de courts chapitres, parfois de quelques lignes seulement. Et des répétitions, de mots, de phrases.. des mots en suspens, des phrases non finies et des points de suspension. Tout est dans le contemplatif, je n’y ai vu ni la poésie ni la musicalité, au contraire, c’est venu alourdir ma lecture.

 

 

C’est un retour assez mitigé et qui n’engage que mon ressenti personnel. Ce roman d’Emma Hooper à son charme, ses lecteurs mais il n’est tout simplement pas fait pour moi. Je suis vraiment déçue que l’a magie n’ait pas opéré…

 

Merci aux Editions Les Escales et à Nadia pour leur confiance.

 

Traduit de l’anglais (Canada) par Carole Hanna

 

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Editions Les Escales ◊ 432 pages ◊ 04/10/2018 ◊ 21.90€

Lien vers la fiche article chez Les Escales

 

 

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Sukkwan Island {David Vann}

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Après avoir lu Aquarium, j’ai  décidé de prendre la bibliographie de ce cher auteur dans l’ordre.

Sukkwan Island est donc son premier roman,  j’en avais entendu beaucoup sur ce livre.  Rien de vraiment négatif sur le talent de l’auteur mais plutôt sur l’histoire et la psychologie des (du) personnage(s). Comme quoi , nous lecteurs, sommes tous différents et notre sensibilité aussi car bien que ce roman soit assez glauque sur certaines scènes, finalement, Aquarium m’avait bien plus dérangé..

Dans Sukkwan Island, Jim est un peu au bout de sa vie, une vie qui ne l’a pas complètement satisfait, qu’il n’a pas vraiment réussie et surtout, une place avec son fils Roy – 13 ans,  qu’il n’a pas pris au bon moment – voire qu’il a lâché au moment de son divorce d’avec la mère de Roy. Il souhaite prendre un nouveau chemin et afin de le connaitre un peu mieux et instaurer un véritable lien père-fils. Pour ce faire il achète une maisonnette sur une petite ile isolée du sud de l’Alaska et décide d’y vivre une année avec lui. Là bas, il espère bien renouer avec son fils, la nature, la vie.. ils devront se serrer les coudes et vivre en véritables autochtones.

Seulement, Jim personnage un peu dépassé, n’est pas vraiment  bien préparé tant psychologiquement que matériellement à vivre loin de tout : il n’a pas pris tous les outils nécessaires, n’a pas de connaissances en ‘survie’,  et les premiers jours sur l’ile sont assez déroutants niveau organisation. Tout ce qu’il essaie de mettre en place tombe à l’eau, soit par manque de matériel, ou par manque de savoir.

Niveau caractère, il n’est guère mieux : il ne supporte pas grand-chose, lui si morne, bougon et triste, hanté par ses démons, les femmes. Les nuits il pleure, la journée ne rigole pas vraiment. Une routine assez répétitive et peu enrichissante – pèche et sciage de planches de bois – se met en place très rapidement mais pour Roy cela va être long et le gamin pense déjà à repartir.

Son père continua, excité, mais Roy ne l’entendait plus. Il ne croyait plus à tous ces plans saugrenus. Il avait la sensation qu’il venait lui-même de se condamner à une sorte de prison et qu’il était trop tard pour reculer.

La morosité de Jim et le manque d’entrain pour le quotidien, va emporter ces deux là dans une folle descente jusqu’à… la seconde partie du roman.

On assiste alors à la déchéance d’un père paumé et à côté de la plaque, sa lâcheté, sa bêtise, sa cruauté en quelque sorte : il frôle avec le réel,  celui qui n’a plus aucune connexion avec le bien ou le mal, la  vie, la mort..

Sukkwan Island est un huis clos oppressant, flirtant avec l’inhumain et la déraison.. remettant en cause les capacités parentales de certains. Une âme un peu fragile, qui ne se rend même pas compte de ce qu’il vient de se passer.. il est dépassé et cherche encore une manière de s’en sortir. Il n’est plus en contact avec son fils. Mais en a-t-il conscience ? est-il déjà devenu fou au point de penser que tout était de la faute de son fils ?

J’allais vers ce roman avec beaucoup d’appréhensions, peut être avais-je mis ma carapace de maman en acier blindé.  Certes, c’est glauque et carrément fou, Jim donnant à manger à son fils alors qu’il est dans son duvet.. Vous comprendrez.

David Vann dérange un peu, il expie certainement de son passé, mais sa plume reste une très grande plongée dans la cruauté parentale…

J’ai beaucoup aimé ce roman et continue donc la bibliographie de l’auteur. Je lirai Désolations vers mi Mai voire fin Mai ; si vous voulez faire une lecture commune, faites le moi savoir, j’en serais ravie !

 

Traduit de l’américain par Laura Derajinski

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Editions Gallmeister ◊ 200 pages ◊ 22,10€ grand format ◊ 8,90€ Totem

Lien vers la fiche produit sur le site de la M.E.

 

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Bibliographie David Vann

Sukkwan Island ♦ 05/01/2010

Désolations

Impurs

Derniers jours sur terre

Goat Mountain

Aquarium {lien de ma chronique}

L’obscure clarté de l’air

Un poisson sur la lune

Cotton County {Eleanor Henderson}

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Nous sommes dans le Sud de la Géorgie, à une époque où la ségrégation raciale et la haine sont toujours d’actualité et gèrent la vie de tous les habitants. En 1930, lorsqu’un vol est commis, c’est par un noir forcément, un meurtre, un noir encore, un viol… un noir toujours..

Le décor, c’est la plantation de coton des Wilson, sur laquelle travaille la famille de métayer, les Jesup : Juke le père et Elma, qui a perdu sa mère en couche. Il y a aussi les employés de couleur des Jesup ; Ketty aide familiale et accoucheuse, sa fille Nan, et Genus le nègre des champs.

Bien que Nan et Elma aient été élevées ensemble par Ketty et se considèrent comme des sœurs, l’une n’en reste pas moins la blanche que l’autre est noire. Injustices, brimades, abus des maitres et sévices corporels liés aux croyances font légion, c’est trop souvent la petite Nan qui en subira les tristes conséquences.

Mais lorsque Elma, qui fréquente le fils d’une importante famille de la ville, accouche de jumeaux – un blanc et un noir – c’est le sort de Genus qui est injustement jeté, c’est forcément lui le violeur. Il sera donc exécuter de la manière la plus inhumaine qui soit – sans jugement bien sûr. Mais petit à petit, les gens s’interrogent sur la réelle culpabilité de Jesup. A l’aide d’alcool frelaté, de manipulations, de tricheries et d’arrangements injustes, les langues se délient et les vengeances accusent et l’histoire se révèle, petit à petit…

C’est dans ce roman très sombre posté à une époque où rien n’est laissé au hasard, que l’auteur va nous promener lentement, à la recherche des secrets et des révélations qui feront lumière sur la répugnante vérité de cette gémellité particulière. Nous remontons le fil de l’histoire, avec les émotions de chacun, jusqu’à ce moment terrible.

Les flash back s’alternent dans un même chapitre, entremêlant parfois le passé et le présent entre deux lignes ; bien que le roman tourne autour des deux jeunes filles, Nan et Elma, chaque personnage vivant autour à son fardeau, ses souvenirs et ils apportent tous une pierre à l’édifice pour révéler que ce certains cherchent à cacher.  La narration est parfois particulière, alternant elle aussi des temps passé et du futur conditionnel négatif sur de grosses parties de chapitre : « elle ne lui dira pas ce qu’elle a vu, ne viendra pas non plus le border. Il ne croira pas sur parole cette fille dont le père est soupçonné et ne couchera pas les petits contre elle.. » puis retour au passé.

Le roman s’étire sur 650 pages et toute cette construction le rend finalement assez dense et pesant. Le sujet n’étant déjà pas un sujet facile,  les actions parfois dures à supporter, le manque de dialogue, c’est une tension palpable en continu, moite et poussiéreuse.. j’ai ressenti certaines longueurs, un inconfort dans cette lecture parfois difficile.

Cotton County est tout de même un roman qui marque les esprits et où le talent de l’auteur est évident.

Je remercie Léa du superbe Picabo River Book Club ainsi que la collection Terres d’Amérique d’Albin Michel pour cette belle lecture.

 

Traduit de l’américain par Amélie Juste-Thomas

 

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Editions Albin Michel ◊ Sortie le 20/03/2019 ◊ 656 pages ◊ 23.90€ broché – 15.99€ Num.

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Love & Gelato {Jenna Evans Welch}

Love and Gelato

Mercredi c’est trop permis : aujourd’hui c’est CookieS 🙂

Vous allez bien les jeunes ? Voici une belle lecture Italienne pleine de saveurs.

C’est le troisième livre que je lis depuis 2 mois avec un rapport avec Florence, la ville d’Italie et une autre aux Etats Unis. Il doit y avoir un signe.. je crois, je m’apprête d’ailleurs à valider un billet d’avion pour Florence.. en fait non, c’est juste mon vrai prénom (vous avez vu comment je glisse un scoop ?!). Bref.

Carolina – Lina pour les intimes, 17 ans, perd sa maman – Hadley – suite d’un cancer. Élevée seule avec elle depuis son plus jeune âge, aux Usa, elle apprend qu’elle a un père en Italie, tout près de la ville de Florence. Après  son décès, Hadley souhaite que Lina s’installe en Italie pour faire sa connaissance..

C’est le cœur en peine qu’elle arrive dans ce nouveau pays avec la ferme intention de revenir habiter aux states, chez sa meilleure amie, à la fin des vacances d’été. Il faut dire que l’accueil n’est pas celui qu’elle espérait : atterrir chez un homme qu’elle ne connait pas accompagnée de quelques  4000 colocataires, américains eux aussi, mais morts.. Son père Howard est guide dans un cimetière américain Ô quelle joie ! C’est décidé, Lina ne passera pas un jour de plus dans ce lieux au décor de film d’horreur zombiesque.

Mais heureusement – comme tout roman jeunesse à tendance feelgood, Lina va très vie se faire des amis : elle va rencontrer son voisin et futur collègue de classe Ren. Elle  recevra aussi le journal intime de sa maman, comme un cadeau d’accueil sur une terre qui l’avait accueilli pendant ses années de fac. Apparemment, Hadley avait quelques secrets qui pourraient bien chambouler la vie de tout ce petit monde..

Alors pour découvrir ces petits secrets et remonter l’arbre généalogique de mère et fille, enfourchons notre Vespa et partons  à la découverte de Florence, pour mon plus grand plaisir encore une fois. Nous apprendrons les légendes des plus grandes statues de la ville, des monuments, nous découvrirons les amis mangerons les meilleures gelato stracciatella de l’univers..

Ce joli petit roman nous cache lui aussi des sujets sensibles et forts tels que le deuil bien sur, les prémices de l’amouuuuur, ah l’amour..  et la quête d’identité. La perte des repères, lors de la mort d’un parent unique, suivi d’un déménagement dans un pays lointain.. Savoir d’où l’on vient est primordial pour un jeune afin de se {re}construire convenablement.  Rien ne tombe dans le mélodrame et tout est traité avec pudeur, le sourire et l’espoir.

Cela se lit bien, la plume est actuelle, pas trop djeuns. Le petit bémol pour moi, c’est que cette affaire de journal intime, s’est résolue en seulement 5 jours.. c’est moyen tout de même. J’ai eu l’impression que tout était trop facile, que les émotions ne faisaient que passer. Au vue des découvertes, j’imaginais un peu plus de moments de réflexions et de profondeur dans les émotions. Soit, encore une fois, pas de mélodrame. C’est aussi bien.

Love & Gelato reste un très chouette roman jeunesse, que je conseille à tous les ados à partir de 13 ans. Bonne lecture à vous !

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Bayard Jeunesse ◊ 400 pages ◊ Juin 2018 ◊ 15.90€ broché ◊ 9.99€ num.