Les innocents {Michael Crummey}

Début du 19ième siècle, Evered et Ada vivent avec leur parents et leur petite sœur Martha, sur une parcelle isolée de Terre-Neuve, nord du Canada. Les hivers y sont rudes, les étés courts et guère plus chauds. Ils survivent de pêche, du jardin qu’ils essaient de faire produire et des visites semestrielles du bateau de ravitaillement l’Espérance qui leur fourni les autres produits du quotidien de l’époque.

Mais un malheur vient frapper cette famille pourtant tranquille. La petite Martha de moins d’un an décède de maladie, puis la mère et ensuite le père en dernier, laissant Evered 10 ans et Ada 7 ans, livrés à eux-mêmes dans cet anse hostile. Il ne leur reste qu’une hutte de bois au plancher de terre battue pour seule maison et un pauvre potager où ne pousse que des tubercules.

Les parents ont été mis en mer, seule Martha est enterrée sur l’île. Ne voulant pas ‘abandonner’ leur petite soeur, Evered et Ada souhaitent rester vivre seuls ici ; ils sont autonomes, travailleurs, courageux..

Ils concluent alors un arrangement avec le sacristain de l’Espérance : ce dernier accepte de continuer à les avitailler, en échange de leur production de pêche et de jardin.

C’est au rythme des saisons, dans ce coin reculé de l’île que ces deux enfants vont évoluer. Le froid, le travail acharné pour payer le sacristain, la pluie…, la nature offre tout ce qu’elle a de plus beau mais de plus dur également. Leur vie ne sera égayée que par la visite semestrielle du navire et par quelques bateaux perdus.

Des rencontres, qui les feront évoluer, se sociabiliser un minimum, voir un peu plus loin que leur terrible paradis.

Ces deux gamins sont pourtant très attachants et le lien fraternel qui les unit reste omniprésent, un peu trop parfois.

Ada, veut être considérée comme une femme forte et courageuse, elle n’hésite pas à monter la voix sur un frère qui se veut autoritaire et protecteur. Malgré cet attachement, les tensions sont fréquentes et plus les années passent, plus l’appel du large est parfois présent.

Pour ne rien arranger, évidement, l’adolescence et son lot de bouleversements hormonaux bousculeront leur éducation. Pour ces deux frère et sœur élevés mutuellement, qui n’ont aucune idée du monde qui les entoure et sans expérience extérieure, ils seront vite balancés entre croyances et pulsions, se laissant aller aux appels du corps.

Roman contemplatif, mais surtout d’apprentissage par excellence, « Les Innocents » nous plonge dans le quotidien de deux enfants rendus adultes bien trop tôt. Rythmés par le va-et-vient perpétuel des saisons, ils n’auront que la nature et la solitude pour unique terrain de jeu.

Lien du produit aux Presses de la Cité – Parution Janvier 2021 – 336 pages – 21€

Impurs {David VANN}

Me revoilà plongée dans les romans noirs de David Vann, auteur aussi étrange qu’addictif mais qui réussi quasi à chaque fois à me surprendre par la diversité des mœurs qu’il cisèle. Il puise au fond des âmes impures. Dirt est le titre anglais de celui-ci. Et pour le coup, ces personnages sont bien, bien Dirts !

Dans son troisième roman, l’auteur met en scène une famille de femmes. On plante le décors dans une maison perdue au milieu de nul part, où personne ne nous voit ni nous entend, dans la poussière de Californie.

Ces femmes tournent autour de Galen, puceau de 20 ans, demi attardé qui veut le faire croire. Son plus grand souhait est pourtant de filer à l’université pour s’échapper de cette vie miteuse. En attendant, il se réfugie dans la méditation profonde de l’âme et du corps avec des croyances New Age…. et sa cousine. Je vous la présente après..

La mère de ce jeune homme, Suzie, « amoureuse » de son fils, détient le chéquier de la grand-mère retirée à l’abandon dans une petite maisonnette, pour plus de liberté. On fait croire à cette dernière qu’elle est folle et pauvre, histoire de bien profiter à sa place.

Hélen, la tante de Galen, sœur de Suzie, amère et jalouse de la préférence de leur propre mère, passe son temps à venir manger chez eux, se plaindre, réclamer de l’argent et créer volontairement ou non, des tensions avec sa sœur et son neveu idiot.

Et enfin, Jennifer, fille d’Helen, la cousine fine et perverse de 17 ans, en pleine conscience de son pouvoir sexuel. Elle est aussi chaude que la Californie l’été et Galen l’a bien compris.

La plume est égale à elle même, ne prend pas de gant. Hélen, brimant au possible tout son monde, une grand-mère abusée et seule, Suzie et son amour filial dégoulinant sous la moiteur de l’été et pourtant, ce n’est pas la relation qui m’a le plus dérangée… Jennifer et Galen, eux tiennent le rôle. Les scènes de pornos entre cousins sont explicites, outre le côté consanguin, la dépravation de la jeune fille est juste incroyable ! C’est une véritable tortionnaire..

Toute cette ambiance familiale de déjantés, malsaine au possible, suffocante, ne fera qu’amplifier jusqu’au point de non retour. Comme dans tous les romans lus de l’auteur, arrive le moment où un personnage craque, nous assistons à sa déchéance et à sa perversité la plus ignoble au détriment de sa victime. Durant plusieurs longs jours, l’introspection, la réflexion, les discussions se feront tantôt poussiéreuses et colériques, tantôt tendres et pleines de remords.. le duel est coriace et ce n’est que la fatigue et la lassitude qui fera plier. Ou mourir.

Encore une fois, David Vann conserve ses codes de la noirceur ; on glisse doucement vers la névrose, la folie, l’indécence, le supplice, l’immoral. Tout cela sur une terre brûlante et rocailleuse, où les griffes du soleil noircissent, brûlent la peau et l’âme.

Cette dernière partie, bien que nécessaire pour magnifier la descente aux enfers du personnage, respecte le rythme de l’auteur : il nous présenter le drame et nous laisse (savourer) attendre.. quitte à descendre avec lui au fond du fond. Cependant, et comme pour « Désolations », j’ai trouvé cette partie un peu longue… Je me suis lassée. A presque vouloir y mettre un coup de pelle pour en finir plus vite, bordel !

Donc, Impurs ne sera pas ma lecture favorite de l’auteur, ne détrônera pas Aquarium.

David Vann est un auteur qui dérange, crasse, écœure, choque. Avec lui ce ne sont que des contes de fé(lés). Mais je crois que c’est pour cela que je l’aime et que je continuerai à le lire. Le prochain sur la liste : Derniers jours sur terre.

Vous l’avez lu ?

A bientôt, je vous souhaite un bon week-end à tous.

Bibliographie traduite en français

Sukkwan Island ♦ 2010 ♦ Chronique ici

Désolations 2011 Chronique ici

Impurs ♦ 2013

Derniers jours sur terre 2014

Goat Mountain 2014

Aquarium ♦ 2016 Chronique ici

L’obscure clarté de l’air ♦ 2017

Un poisson sur la lune 2019

Le bleu au-delà 2020

Komodo A paraître en mars 2021

Mama Red {Bren Mc Clain}

Mama red 02

Début des années 50, Caroline du sud, deux familles opposées de par leur classe et leurs aspirations.

Sarah Creamer élève seule son fils « adoptif » Emerson Bridge. Ce jeune garçon est le fruit d’un adultère entre son mari et sa meilleure amie. Cette dernière s’est donné la mort après l’accouchement, le mari est parti, laissant Sarah désemparée. Sa vie est rude, modeste mais elle s’engage à tout donner à son petit garçon afin qu’il ne manque de rien. Elle qui n’a guère reçu d’amour maternel, a beaucoup de mal à transmettre à son tour. Ce fils n’est pas le sien, alors comment peut on aimer quand même ?

L’autre famille, les riches éleveurs Dobbins. Mildred, une mère effacée face à la sévérité d’un mari qui ne connaît que l’amour violent et ne transmet à ses fils qu’une virilité mal placée. L’argent, le pouvoir, la force.

Un concours est organisé tous les ans à la ville ; celui du plus gros bœuf. Le gagnant remporte une grosse somme d’argent et son animal aura la chance d’être l’élu pour les prochains steaks de la ville.. Les Dobbins sont les éternels vainqueurs années après années. C’est pour tenter d’occuper Emerson et espérer remporter le concours que Sarah décide d’acheter un veau à son fils. Il sera baptisé Lucky. Un matin, ils découvrent la mère de Lucky dans leur champ : celle-ci ne supportant pas la séparation d’avec son petit, parcourra la route pour le rejoindre chez les Creamer. Malgré ses finances sensibles, Sarah décide de garder la vache, Mama Red.

Durant une année, Emerson et sa mère se heurteront sans surprise, à la haine du père Dobbins qui fera tout pour saboter l’élevage de Lucky. Les méthodes d’élevage sont bien exposées dans ce roman, entre ceux qui élèvent pour produire et  ceux qui élèvent parce qu’ils aiment l’animal. Mais grâce à leur travail, Sarah et son fils s’attacheront à la terre, à Lucky et verront naitre une affection spéciale avec leurs animaux malgré les difficultés financières qui les accablent. Sarah découvrira alors, un autre lien, celui d’une mère pour son enfant. Mama red deviendra sa confidente et lui apprendra petit à petit, comment aimer. Cette vache à l’amour si évident. Entre des deux mères, un dialogue de sourds, que seules les mamans comprennent au fond de leur cœur. A sa façon Mama Red transmet à Sarah, les rennes pour devenir mère et lui prouve que les liens du sang ne font pas toujours tout.

Un roman un peu sombre, dramatique mais tout en finesse. Une plume résolument simple, brute et subtile, chargée d’émotions. L’auteure nous transmet son amour pour la terre et les relations filiales, sous toutes formes qu’elles soient. Sarah pour son Emerson, Emerson pour Lucky, Mama Red pour petit..

Mama Red est un « personnage » phare réellement attendrissant et humanisé. Comment réussir à faire parler une vache tout en restant crédible ? Ici, le regard transmet une parole, un museau humide un réconfort, un meuglement rappelle à l’ordre. Des « mots » riches comme la terre et l’amour que les personnages se portent. Un roman que l’on pourrait classer de terroir, qui m’a beaucoup touché, avec la crainte inévitable de cette fin qu’on ne veut pas voir venir, pour nous, comme pour les  garçons .

« Mama Red » de Bren McClain m’a été confié par une maison d’éditions que je découvrais alors et dont j’adore la qualité des livres.. les illustrations de couvertures sont superbes, la qualité du papier est au top.

Un énorme merci à Marie Bisseriex, traductrice et éditrice des éditions Le Nouveau Pont et milles excuses pour le retard.

Je viens de me procurer leur dernière parution qui ne déroge pas à la règle et j’ai hâte de venir vous en parler.

Editions Le Nouveau Pont (lien direct) ∴ Octobre 2019 ∴  330 pages ∴  20€

Indian Creek {Pete Fromm}

T Pete Fromm Indian Creek

Bonjour à tous,

Période de confinement oblige, un roman où l’auteur s’est lui aussi confiné, pour en ressortir grandit..

Agé d’à peine 20 ans, Pete Fromm s’aventure dans les montagnes rocheuses du Montana en plein hiver, acceptant un poste de garde afin de surveiller les œufs de saumon des rivières. C’est dans cette région froide et hostile, qu’il passera plus de 7 mois, seul avec sa petite chienne Bone. Coupé de tout mais surtout novice, il apprendra la vie au rythme des tempêtes, de la chasse et des quelques courageux ‘visiteurs’ gardes forestiers. A l’aide de ses livres de survie, il apprendra comment apprivoiser cette nature parfois trop rude, les méthodes de conservation de la viande, la cuisine.. Mais la réalité lui sera confirmée avec ces longs mois d’hiver…

C’est dans ce cadre neigeux et froid que se passera le roman : Pete Fromm est seul, il y a peu de dialogues et nous contemplons en même temps les paysages neigeux. Introspection, méditation, réflexion, c’est tout cela les romans de Nature Writing, on écoute le silence, la neige qui tombe et notre lecture suit le même rythme.

Nous assistons à une réelle transformation de l’humain : d’abord inquiet mais curieux de tout et motivé, on remarquera, après l’hiver si rude, sa réticence à laisser venir le printemps avec son lot de visiteurs et de touristes du dimanche. Cette différence de comportement, entre la solitude et le refus de voir ces gens qui ne connaissent rien à la montagne, est si opposée. Il est resté si longtemps dans ces conditions extrêmes que cette nature lui appartient maintenant, il fait corps avec elle et se sent chez lui.

La relation avec sa chienne est très forte, véritable compagnon de vie, il se questionne beaucoup sur le devenir de Bone, une fois la saison passée. Elle qui n’a jamais connu que la nature depuis toute jeune, pourra t’il la garder une fois revenu en ville ? Le moment des adieux arrive pourtant bien vite : adieu à cette liberté, cette nature, cette vie si vraie mais si dure.

Malgré quelques péripéties qui auraient bien pu lui couter la vie, l’auteur s’en sortira toujours avec une nouvelle énergie et pas mal d’humour.

C’est mon premier roman de l’auteur, je n’ai pas de coup de cœur, juste un sentiment de bien être. Je découvre une personne vraie et sincère, riche d’expériences comme je les aime, celles qui rendent les hommes vivants parce qu’ils se confrontent à la nature..

Comme pour David Vann, je poursuivrai la bibliographie avec grand plaisir, le prochain sur la pile est donc « Chinook »

 

Lecture numérique
Traduit par Denis Lagae-Devoldère

 

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Bibliographie

1992 Nouvelle : The Tall Uncut (non traduit)

Mise en page 11993 Roman : Indian Creek

1994 Nouvelle : King of the mountain (non traduit)

1994 Roman : Monkey Tag (non traduit)

1997 Nouvelle : Chinook

1998 Nouvelle : Avant la nuit

1999 Nouvelle : Night swimming (non traduit)

2000 Roman : Comment tout à commencé

2003 Roman : Lucy in the sky

2014 Roman : Mon désir le plus ardent

2017 Roman : Le nom des étoiles

2019 Roman : La vie en chantier

 

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L’histoire d’Anna Tome 1 La déclaration {Gemma Malley}

Mercredi c’est trop permis !

La declaration L'histoire d'Anna

 Bonjour les jeunes lecteurs !

Nous voilà plongés dans une dystopie au sujet assez glaçant. Dans cette trilogie, il est un monde où la mort n’est plus.. ou presque.

Désormais, la population a la possibilité de connaitre la jeunesse éternelle. En contrepartie, ils renoncent  à avoir des enfants et ce afin d’éviter la surpopulation. Ces personnes signent une Déclaration, ils deviennent des Légaux et  s’affranchissent de la Longévité, une pilule qui éradique les maladies, et les rend donc éternels.

Mais si par inadvertance ou pas, ces personnes décident quand même d’avoir un enfant, de braver l’interdit, le nouveau né sera placé dans une institution et les parents seront tués. Ces enfants, sont excédentaires, en trop sur cette terre et sont élevés à l’institution de Grange Hall pour racheter les péchés de leurs parents. Ces institutions sont de véritables enfers pour les jeunes ; ici, ils seront ‘dressés’ et éduqués pour en faire de parfaits Employables pour les Légaux. Des esclaves-domestiques en somme, corvéables à souhait. Ils apprennent entre autre la couture, la cuisine, le ménage bien sûr. Ces enfants, on les appelle Les Surplus.

Mme Pincent est la directrice de Grange Hall, un personnage abdominale, terrible, stricte, dure.. elle n’hésite pas à abuser de son statut envers les Surplus à coups de brimades excessives, humiliations, privations de nourriture, coups… Mrs Pincent est une Intendante sévère et exigeante. Les Surplus subissent une totale emprise et exécutent tout ce qu’on leur demande, pensant que tout est pour leur bien…

SurplusAnna, l’héroïne et narratrice de ce premier tome, est une jeune fille complètement soumise, craintive et extrêmement naïve. C’est plus que normal avec cette vie en foyer. SurplusAnna hait ses parents pour avoir été égoïstes et avoir quand même souhaité un enfant malgré la Déclaration qu’ils avaient signé. Les années de lobotoïsme à Grange Hall ont bien fait leur travail, SurplusAnna est arrivée très jeune et n’a aucun autre souvenir – seulement ceux qu’on veut bien lui prêter. Un jour, l’arrivée de Peter, un jeune ado un peu rebelle arrêté à l’extérieur,  vient perturber le quotidien de SurplusAnna. Il a des paroles très différentes de celles qu’elle entend d’habitude, à l’air de vouloir se rapprocher d’elle, mais surtout, veut lui faire comprendre que Grange Hall n’est qu’une supercherie et que ses parents sont vivants et l’attendent  « dehors ». Mais qui est-il, d’où vient-il, pourquoi la connait-il et pourquoi ses parents voudraient la revoir ?

Il se heurte bien entendu à la fermeture d’esprit et à la méfiance de SurplusAnna qui ne croit rien de l’extérieur, totalement sous l’emprise des dires de Mrs Pincent. Peter va devoir travailler dur et finement pour faire comprendre à SurplusAnna, qu’ils sont en danger et doivent s’échapper d’ici.

La première partie du roman est essentiellement basée sur la vie des jeunes à Grange Hall, leurs privations et tout le lavage de cerveau qu’ils subissent. SurplusAnna s’épanche sur son journal intime et il est parfois très dur de réaliser ce qu’ils vivent tellement c’est cruel et injuste. La seconde partie, avec l’arrivée de Peter, met un peu plus d’action et nous assistons à une véritable stratégie du jeune homme pour arriver à ses fins.

Pourtant, après avoir fini ma lecture, je suis mitigée. Bien que le sujet soit intéressant, l’ambiance parfois glaçante et que l’idée de départ soit vraiment bien amenée, le style m’a bien trop rebutée. On sent une héroïne très jeune. Beaucoup de répétitions, « Mrs Pincent » revient très très souvent. Beaucoup de mots commencent avec une majuscule. Les expressions – celles qui sont répétées avec insistance aux Surplus, reviennent également très souvent.. Il est clair que c’est en total accord avec la lobotomisation que subissent les surplus, mais à la lecture, c’est pesant.

C’est en lisant le tome 2, où j’y ai trouvé une plume très différente, plus mature, moins répétitive, que j’ai réalisé que oui, c’était bien l’effet voulu et  que le plongeon dans la tête d’Anna et dans sa vie, était réussi. Cette vie est aussi abominable que la plume.

C’est tout de même avec ces points négatifs – qui n’en sont pas vraiment, que je vous conseille de lire ce premier tome, et de plonger dans cette belle trilogie young adult prometteuse. J’ai lu le tome 2 récemment grâce aux Editions Hélium et je reviens vous en parler très vite (ou enfin, tout est relatif.. ! )

 

La declaration

Traduit de l’américain par Nathalie Peronny
Lecture numérique