17 Mars 2120 {Guilhaine CHAMBON}



Nous sommes le 17 mars 2120
Le ciel est brumeux au dessus de Paris ce matin-là. La ville vient de lever ses barricades comme on ouvre les yeux en s’éveillant.
L’arrière petit-fils d’un certain E.1ier, son Altesse E. 3ième, a signé il y a deux heures, l’armistice avec Coronavirus, covid-19 de son prénom, made in China pour souche. Un bourgmestre répand la nouvelle dans les rues désertes et envahies de ronces.
Des grues fossilisées lui font une haie d’honneur.
L’homme peine à avancer, la voie est pavée d’orties, d’églantines, de tas de pierres, d’éboulis, de nids de poule.
Les rues se sont fracturées en cent ans.

C’est ainsi que débute cette novella futuriste de Guilhaine Chambon.

Lucie et Antoine vivent ensemble depuis des années – 100 ans. Depuis ce fameux jour du 14 mars 2020 alors que la journée se passait bien et qu’une soirée idyllique entre pote venait peaufiner cette insouciance.

Mais Covid guette : à minuit, la vie s’arrête, tous les commerces ferment. Chacun doit renter chez soi, ou se cloîtrer dans la première maison qui lui tombe sous la main. Sauf qu’Antoine et Lucie, bien trop occupés à batifoler entre 2 cocas, n’ont rien suivis et Antoine se retrouvera coincé chez la jeune femme, jusqu’au jour de la délivrance.. Enfin ! tous dehors, on respire, on danse, on s’embrasse, on bai… oups. Les retrouvailles avec ceux qui sont encore en vie, on se raconte nos années passées enfermés, on constate les absents.. et on essaie de repartir de bon pied dans cette nouvelle ère sociétale légèrement imposée.

Le ton est cynique et incisif, parfois humoristique, tout en mettant à nu les similitudes ou absurdités volontaires avec notre époque : les mesures des politiques, la protection de ceux qui nous sauvent la vie, l’isolement des familles et membres entre eux, la perte de proches, l’écologie, l’argent, la facilité des relations amoureuses 2,0, le superflu.. les travers de l’Homme dans toutes leurs splendeurs.

Auto-flagellation ou mise garde en comme un message pointé signifiant qu’on (qui ?) va trop loin ?

J’ai bien aimé ma lecture, même si quelques dialogues parfois très loufoques m’ont perdu. Je suis pourtant bon public en général. Cela n’enlève rien à la fantaisie globale de cette fiction à l’humour très ciblé. Tomber dans l’absurde est une bonne approche qui peut en bousculer certains mais au mieux nous faire relativiser sur notre situation d’aujourd’hui.

Ne pas se plaindre car cela pourrait être pire.

Ou peut-être sommes-nous déjà tombés bien bas ?

Merci à Guilhaine Chambon pour cette lecture et sa patience !

Novella disponible ICI ou auprès de l’auteur.

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