Pêche {Emma GLASS}

Pêche, jeune adolescente, va subir un viol, alors qu’elle rentre chez elle un soir. Choquée, blessée, dépecée par ce qui vient de lui arriver, elle va sombrer dans une douce folie.. tout en gardant une lumière d’espoir. Ce roman, c’est la narration d’une ado violée qui décide de ne rien dire pour tenter de se reconstruire et avancer dans un monde imaginaire.

« Pêche », c’est un roman qui interpelle obligatoirement mais au final, pas pour son sujet : c’est plutôt le style employé qui en fait quelque-chose de déconcertant. Le ton est dynamique, les dialogues incrustés dans le texte, les personnages ont des noms… bizarres : Vert, Sable, Mélasse le prof, Bébé.. Comme si ces surnoms les caractérisaient et les faisaient passer dans son nouveau monde.

Le petit ami de Pêche, Vert, est très présent et proche d’elle, de nature bienveillante même sans connaître le terrible secret. Mais d’autres protagonistes un poil inutiles sont là ; des parents qui ne pensent qu’au sexe, copulent partout et en parlent librement à leur fille. Quelque peu malsain…

C’est normal, Pêche. Faire l’amour c’est bien. Maman et moi on le fait tout le temps. On vient juste de le faire sur la table de la cuisine. C’est la nature humaine, Pêche, tu n’as pas à être gênée. Vert a bien de la chance. La plupart des filles attendent d’être mariées pour coucher. Mais pas notre Pêche. Et nous sommes fiers de toi. C’est bien d’avoir de l’expérience, et si t’as la chance d’avoir un bébé, c’est encore mieux.

Une écriture vive et très rythmée qui flirte avec le loufoque, l’absurde et le réel. Phrases courtes, hachées parfois simplement habitées d’un seul mot, cru, noir.. gras. Répétitifs aussi. Mais Pêche nous décrit là toute l’horreur qu’elle a subi, les scènes sont justes surréalistes, elle explique ici sa solitude, son mal être et la violence des actes. Notamment celui où elle doit se recoudre les parties intimes, seule.

Un rapport à la nourriture est aussi très présent, son agresseur est catalogué de saucisse grasse et Pêche a toujours des relents de nourriture qui la hantent. Tout comme son bourreau qui continue de la suivre jusqu’à sa porte, tous les jours.

« J’ai envie de dire des choses mais je ne sais pas comment ordonner mes mots. Les phrases dérapent dans ma tête. Salade de mots. Salade de cervelle. Salade de pensées. Salade sémantique. Salade de semence. Ma cervelle en salade. Va, Vert. Vibre et vole. »

Poétique et Musical ?

Mais j’avoue, je n’ai pas trop compris où l’auteure souhaitait m’emmener ou ce qu’elle voulait me faire comprendre. J’ai terminé ma lecture car je déteste donner mon avis sur un livre que je n’ai pas fini. Avoir un avis alors que l’on a pas toutes les cartes en main c’est comme dire qu’un tableau est moche sans l’avoir regardé.

Je ne peux pas dire que ce roman ait été apprécié : je me doute bien qu’un viol est une épreuve mais la façon de le raconter est vraiment déroutante. Est-ce un exutoire, du déni ou .. ? Ma lecture n’a pas été agréable mais bizarrement, elle m’aura marqué. C’était une expérience au goût de gras.

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