Rue Blondel Sp

Bom dia !

Je vous présente aujourd’hui une lecture qui ne m’a pas laissée indifférente et m’a beaucoup émue.

Une plongée dans le vieux Paris des années 50… à la rencontre de 3 personnages atypiques et aux âmes très différentes..

Avant de le commencer, j’avoue que j’ai eu un peu d’appréhension quand au contexte général de l’histoire : la noirceur du thème de la prostitution, les conditions, les bas quartiers.. Comment allais-je gérer les émotions ? La très belle mais sombre couverture, nous plonge directement dans cette rue pavée éponyme, ne manquait plus que les « trois petites marches » si célèbres dans le roman, pour basculer complètement dans cette ambiance. Mais une fois le livre ouvert, les mots ont simplement défilés sous mes yeux, et je n’ai refermé le livre qu’une fois terminé. Les destins si fragiles et bruts, ces personnages authentiques ont fait de ces petites heures une réelle immersion. Bienvenue dans la rue Blondel.

Dans cette rue que l’on imagine très bien morne, sombre, humide et où chacun est un peu seul, vous y trouverez des destins qui croisent et se perdent, se retrouvent, s’aiment, se quittent.. 3 êtres écorchés qui ont cherché l’amour qu’on ne leur donnait pas.

Lulu la prostituée, très jeune et déjà sur le trottoir. Une vie toute tracée depuis l’enfance qu’elle n’a pas eu facile. Les douleurs et déceptions feront d’elle une femme forte mais  très fragile à la fois. Momo, le petit caïd du quartier, entouré de mauvaises fréquentations et dont les actes n’ont pas toujours récoltés que des bons « poings ».. Et Edmond, pourtant né de bonne famille, mais mal aimé aussi, qui va et vient de partout et nul part, à la recherche de reconnaissance.

Les chapitres sont courts et racontent tout à tour, sur une trentaine d’années, les tranches de vies de ces 3 protagonistes, nés sous de mauvaises étoiles.. Malgré un cadre plutôt sombre et un milieu quelque peu sinistre, l’auteur ne tombe jamais dans le mélodrame ni le glauque, ni le voyeurisme. Tout est raconté avec tellement de pudeur et de justesse que Lulu, Momo et Edmond en deviennent tous les trois très touchants. Leurs destins vont se croiser et Lulu deviendra un réconfort important pour ces deux hommes. Elle sera ce dont ils ont besoin tour à tour, l’amante, l’amie, la femme..

La plume de l’auteur se veut simple et très bien écrite, un peu brute parfois mais sans vulgarité et pleine de respect. Elle est parfaitement dans le ton des années 50 et ses titis parisiens. On entendrait presque Edith chanter Milor. Elle nous emporte dans leurs tristes pensées, leurs désespoirs, leurs vies si ternes et dures, leurs doutes et parfois leurs abandons face à cette étincelle de vie qui ne vient pas.

On ne peut que s’attacher à Lulu, Momo et Edmond. Je suis triste de les quitter, bien que le soleil tend à poindre sur leurs coeurs. Ils sont devenus comme des amis et je les aime sincèrement.

Une chose se dégage encore de ce livre une fois fermé, c’est ce sentiment universel qu’est l’Amour et toutes ses formes, il ne s’achète pas mais se partage et permet d’apporter de la lumière et de l’espoir aux plus méritants.

Ce petit roman est finalement très compliqué à décrire, il ne s’explique pas, il se lit et se ressent. Tout se passe à l’intérieur, on vit l’histoire et on y entre avec une facilité déconcertante malgré le milieu qu’on aimerait éviter. On n’a pas envie de le lâcher… Ce livre est un gros gros coup de coeur ♥♥, une lecture merveilleuse.

Je remercie infiniment Valéry Sauvage pour cette « belle » histoire, ainsi que les Ateliers Henry Dougier pour m’avoir envoyer ce livre.

Rue Blondel

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Résumé : Près de la Porte-Saint-Martin, à Strasbourg-Saint-Denis, il y a la rue Blondel. Or dans la rue Blondel, y’avait une demoiselle. Elle avait l’uniforme que porte la profession : une jupette ultra-courte et puis un boléro ayant peine à cacher un soutif en dentelle deux tailles trop étroit. Elle se postait toujours en haut de ses trois marches, dans le creux d’une porte. On aurait dit un peu comme une pauvre madone dessus son piédestal.

Elle s’appelait Lucienne, mais on disait Lulu. Et puis y’avait Momo, le serrurier et ses mauvaises
fréquentations et puis aussi Edmond, qui n’aimait pas son prénom, qui n’aimait pas ses parents, qui ne s’aimait pas trop non plus lui-même et qui partit en Grèce sans vraiment savoir pourquoi.

Tout commença dans les années 1950, rue Blondel, à Strasbourg-Saint-Denis.

Editeur : Ateliers Henry Dougier (cliques pour le catalogue HD)

Auteur : Valéry Sauvage (cliques pour le site de l’auteur)

Nb de pages : 128

Sortie : Mai 2018

Prix : broché 14€ et 5,99€ en num.