Publié dans Service Presse

Tu vas aimer notre froid {Harold Schuiten}

YakoutieCOUVlight

Hey salut pirate !

Comme tu peux le remarquer, en ce moment, je suis à fond dans les grands froids polaires 🙂 Entre Ellesmere (quoique..), Oldforest, je rajoute aujourd’hui la Yakoutie ! C’est quoi donc ? La Yakoutie c’est une région de Sibérie au  Nord Est de la Russie ; c’est la région la plus au nord possible de toutes les régions, autant te dire que cela caille sévère : – 67° enregistrés. Moi qui croyais avoir tout vu avec mes – 25° en Ukraine !

Lorsque ce livre à été proposé à la Masse Critique de Babélio, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion et croisé les doigts très forts. O joie O surprise j’ai été sélectionnée ! Un coup de bol, ma doudoune triplée polaire n’est pas trop loin, c’est parti pour un nouveau voyage dans le plus grand congèlo du monde…

Harold Schuiten, l’auteur et narrateur du livre, nous embarque dans la République de Sakha, en Russie pour une année dans une école Belge, en compagnie d’élèves Yakoutes désireux d’apprendre le français et l’anglais. Comment se retrouve t-on là bas? est-ce une punition ? un gage pour voir perdu au Ice Bucket Challenge ? .. Non, c’est un choix personnel, très motivé et certainement un peu fou.

« Qu’elle probabilité statistique accorder à tout ça : l’existence au fin fond de la Sibérie, d’une école « belge » où l’on célèbrerait la Belgique et où on enseignerait le français aux Yakoutes, une peuplade animistes ? » […] « quelque chose m’invitait à le vérifier par moi même. Ou  juste à m’assurer que ça existait. »

Quand tu veux aller en vacances, là où tous les moutons vont, tu cliques sur Partir-comme-un-radin.com, un coup de carte bleue et hop, tu t’envoles au soleil en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Quand tu vas en Yakoutie, c’est le parcours du combattant : il faudra t’armer de patience et si possible, d’un correspondant sur place pour toutes les démarches administratives – entre autorisations et visas ! délai d’attente 4 mois pour obtenir le « sésame doré timbré de ses caractères cyrilliques incompréhensibles..« .

Harold Schuiten nous raconte l’attente, l’euphorie et l’annonce de la nouvelle autour de lui : pas toujours comprise, c’est évident qu’on ne le croit pas. Quant à l’administration, ah l’administration ! Que ce soit à l’ambassade de Russie, avec les assurances, à l’agence de voyage, à la douane de Moscou hilare, tous les moyens sont bons pour le faire réfléchir à sa décision, quitte à le faire changer d’avis..

« A travers la vitre, je la vois s’entretenir à grands gestes avec sa collègue blonde, montrant mes papiers. Je crains le pire. Elle revient peu après et s’exclame avec quelque chose d’interloqué dans le regard : – Mister ! It is very veeeery veeeery far away ! Very cold, veeery very cold ! (agitant ses mains avec force) Do you know that ? « 

Une fois sur place, l’auteur nous raconte, toujours avec franchise et beaucoup d’humour, sa découverte de ce pays et de Yakoutsk, la ville la plus froide du monde. Son intégration, ses élèves,  ses collègues, sa chambre, la nourriture, son village, seulement accessible en hiver pour que la rivière soit gelée et traversée par les camions, l’adaptation au froid, ce froid saisissant et inconnu par sa peau qui gèle en quelques minutes.. Le très grand choc des cultures ! Et puis que serait ce pays sans.. la Vodka ?! boisson inéluctable et coutumière dès le biberon ! Lors de mon séjour en Ukraine, je me suis bien rendue compte qu’elle fait partie intégrante de leur vie, sans méchanceté. C’est LA boisson qui coule dans leurs veines depuis toujours, histoire de tenir chaud..

« la réputation de l’art de la fête russe ne se dément pas, malgré ses dangers. A Yakoutsk, au dégel, refont surface les personnes revenues d’un café un peu éméchées et restées ensevelies sous la neige tout l’hiver. »

Et que serait la Russie sans sa population rustre et fêtarde,  lointaine et quelquefois un peu sauvage et dangereuse. Les autorités montrent parfois leurs craintes face à cet étranger, blanc, qui boit de la bière la journée, épient ses réseaux sociaux dans la peur de voir des infos journalistiques déraper.. Est-il  vraiment instit ?

Une grosse partie du livre reprend aussi l’histoire et la politique de la Russie et voisins alentours : l’Ukraine, l’Allemagne, la Chine.. Tu apprendras l’histoire du pays sous le régime soviétique, Staline, l’exploitation minière, la grande Guerre de l’Est. Tout est toujours en relation avec les évènements vécus sur le moment par Harold Schuiten, mais c’est pour moi la partie qui m’a le moins plu.. La politique me file des boutons.

Je suis grande friande de récits de voyages, de grands espaces et pour que ce livre soit complet, il m’a peut être manqué quelques photos : bien que les descriptions soient claires et nombreuses,  j’aurais vraiment adoré « voir » sa vie là bas, ses élèves, le village, le peuple, son périple final  transsibérien.. et pourquoi pas une petite carte géographique de son voyage total, vraiment parce que je suis exigeante 🙂

En résumé, je ne peux être que conquise par ce témoignage drôle, intime, authentique et aventureux. Je découvre un auteur à la plume humoristique et doté d’un franc parler très sympathique. Je ne sors pas de ma zone de confort ok, mais j’ai vraiment beaucoup aimé !

Je remercie chaleureusement Les Impressions Nouvelles et Babelio pour cette Masse Critique glacée. Et un grand merci à Harold Schuiten pour avoir osé, je vous ai envié quelquefois ^^

Je re-signe quand vous voulez 🙂

Quant à toi, enfiles ta chapka en poil de lama et cliques sur »» le site des Impressions Nouvelles pour te procurer ce merveilleux bouquin !

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Résumé  : Harold Schuiten a vécu pendant un an une expérience insolite sinon extravagante : enseigner le français dans des villages de Yakoutie, la région la plus glaciale de la planète. Il raconte cette aventure avec fraîcheur et drôlerie. Tu vas aimer notre froid porte un regard de candide sur une Sibérie perdue, loin de Saint-Pétersbourg et de Moscou, en Yakoutie, dans les confins insondables du plus grand pays du monde.

« La taïga, c’est là où je vais, une forêt infinie en Russie. Pas n’importe quelle taïga mais la plus froide du globe, en République de Sakha. Des gens y vivent et désirent apprendre le français. Là-bas, il y a des années, ils ont ouvert une école belge, une école Sakha-belge. Ainsi est né le “programme” qui envoie des enseignants dans ces bois gelés, sous ces ciels purs à -57 degrés. C’est là que j’interviens. Non pas que je me sente une âme de missionnaire de l’enseignement ou un esprit charitable quelconque, mais tout cela m’intrigue. Je vais donc aller vérifier si ça existe vraiment. Car si vraiment, “ça” existe, alors il faut en laisser une trace écrite. C’est impératif. »

 

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